Breaking News

Avortement: deux droits irréconciliables?

Avortement: deux droits irréconciliables?

Troisième et dernier débat des primaires américaines. Donald Trump réussit à choquer jusqu’aux conservateurs de son bord. Encore une fois.…

L’objet de cette sidération? Il compare l’avortement tardif à un bébé arraché des entrailles de sa mère au 9ème mois de grossesse. Célébrités, anonymes et obstétriciens sont intervenus: les unes pour raconter la réalité de leur avortement, les autres pour inculquer à Trump quelques notions de base sur le sujet.

Depuis des dizaines d’années, des femmes à travers le monde, avec le soutien des hommes, se sont battues et ont obtenu le droit de disposer de leur corps: cette terminologie inclut tant le droit à la contraception qu’à l’avortement. Depuis des dizaines d’années, d’autres femmes et d’autres hommes se sont soulevés contre ces nouveaux droits et continuent à se battre pour faire abroger les lois ou au moins les restreindre. Dans certains pays, l’avortement est interdit même en cas de viol ou d’inceste et même si la vie ou la santé de la mère est en danger.

Pour les pourfendeurs et les défenseurs de l’avortement, deux droits s’affrontent: celui du droit à une vie potentiellement épanouie pour la femme et celui du droit à n’importe quelle vie pour un fœtus. Choix cornélien pour quiconque considère que la simple fusion d’un spermatozoïde et d’une ovule constitue déjà un homme. Ou plutôt choix drastique, sans nuance, sans aucune place pour une étincelle d’empathie pour la femme.

On peDeVousàMoi1ut s’étonner qu’il ne soit fait l’objet d’aucun dilemme pour ces personnes pour qui la question du choix ne se pose pas. En effet, qui peut seulement mesurer la détresse d’une femme violée ou victime d’inceste, sentant grandir en elle un corps étranger lui rappelant heure après heure, jour après jour, mois après mois, le traumatisme subi?

DeVousàMoi2Qui peut mesurer les tourments d’une femme qui sait que son enfant sera lourdement handicapé, et que jamais il n’entendra, ne verra, ne parlera, ne marchera et n’aura une activité cérébrale quelconque?

D’un autre côté, si cette femme est obligée de mener à terme sa grossesse en dépit de risques identifiés, sa vie mise en danger – d’épouse, de sœur, de mère, d’enfant de – a t-elle moins de valeur que celle de l’enfant à naître? Cette Irlandaise, laissée à l’agonie pendant trois jours à l’hôpital parce qu’une interruption de grossesse médicale lui a été refusée, n’est qu’un des trop nombreux exemples dans le monde. Si elle perd sa santé mentale ou se suicide parce qu’elle ne supportait pas l’idée même de donner naissance au fruit d’un viol ou d’un inceste, le monde s’en porte t-il mieux? Vaut-il mieux que ces fœtus non avortés finissent à l’orphelinat, dans des familles abusives ou encore mènent des vies sans vie jusqu’à leur retour dans le néant? Combien de ceux qui refusent que des femmes avortent de foetus lourdement handicapés ont décidé, pour les sauver, d’en adopter au moins un?

Peut-être faudrait-il que les femmes, qui ont un jour pris la décision d’avorter, en parlent de plus en plus ouvertement pour que ceux qui «présument», «supposent», «supputent» qu’elle a été prise à la légère comme l’achat d’un nouveau pull à la mode, comprennent les interrogations, les doutes qui ont précédé et la tristesse qui, quelquefois, perdure des années après.

Même si, comme dirait une de ces femmes, « je suis triste, mais je ne regrette pas ».

Crédit photo: Amine Ghrabi


Tags assigned to this article:
avortementdroit des femmesélectionsTrump

Related Articles

Quand la rumeur prend l’habit de l’information…

Si on osait, on pourrait parler de « commérage institutionnalisé », dissimulé sous le pompeux manteau de l’information. Ceci étant, quelle serait la bonne attitude à tenir? Taire les rumeurs, les faits non vérifiés jusqu’à ce qu’une analyse complète soit possible? Ce serait l’idéal si tous les médias obéissaient à la même éthique…

Quand votre lit se fait objet d’art

C’est à la Plaine Saint Denis, lieu emblématique de l’art du graffiti des années 80, que Michael Haziza, le spécialiste de la literie, a choisi d’installer son show room. Ou plutôt sa galerie d’art contemporaine…

No comments

Ecrire un commentaire
Pas encore de commentaires! Vous pouvez être le premier à commenter ce post !

Ecrire un commentaire

Sentez-vous libre de commenter, s'il vous plait...