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Encore un!

Encore un!

Oui, encore un. Encore un attentat venu endeuiller la France hier soir. Que dire quand on n’a plus de mots? Que dire quand l’horreur devient routine? Que dire quand l’insensibilité se présente comme une option pour se protéger des atrocités?

Comment meubler le silence qui nous étreint ou ordonner le chaos qui se bouscule dans nos têtes, l’un laissant place à l’autre dans un tourbillon étourdissant?

Déjà, s’est enclenché le schéma, devenu rite de passage, entre «l’avant» et la gestion de crise: les posts sur les réseaux sociaux avant même que les grands médias n’aient le temps de réagir, les commentaires des politiques qui disent tous ne pas vouloir récupérer l’événement à des fins politiciennes, les accusations de récupération, les plus hautes autorités de l’Etat qui se déplacent sur les lieux, les louanges du policier mort pour préserver la sécurité des Français, les condoléances à sa famille, les appels au calme, les accusations de laxisme du judiciaire, le fiel haineux qui se déverse…

Comme on voudrait ne pas pouvoir prédire les séquences de ce mauvais film!

De plus, cette fois-ci, la dramaturgie atteint le sublime: à deux jours de l’élection présidentielle, la question tourne autour des conséquences, supposées et commentées à l’envi, de ce drame sur le choix des électeurs.

Pour parodier Senghor, les Français seront-ils Nègres ou Hellènes*? En d’autres termes, laisseront-ils l’emporter l’émotion ou mobiliseront-ils la raison? Feront-ils honneur à Descartes et Pascal ou au contraire, se réfugieront-ils dans la facilité, choisissant celui qui parle le plus fort, qui promet la sécurité – souvent au prix de la liberté -, qui honnit l’étranger, le confondant à dessein avec le terroriste?

Dimanche, au-delà d’un homme, c’est la société dans laquelle ils veulent vivre, que vont choisir les Français. Guerre ou paix? Solidarité dans l’humanité ou repli sur soi? Quoiqu’il en soit, ils auront ce qu’ils mériteront parce qu’ils auront fait leur choix.

*se réfère à la célèbre phrase de Léopold Sédar Senghor : « L’émotion est nègre, comme la raison est hellène ».



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