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Info ou intox ?

Info ou intox ?

Après le choc créé par l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, l’élimination de Sarkozy et Juppé aux primaires de la droite, et celle de Valls aux primaires de la Gauche, la pertinence des sondages est remise en cause. Et comme d’habitude, en période électorale, la presse est à la fête puisque les citoyens se jettent sur les journaux, les débats télévisés, et de plus en plus sur les sites et les réseaux sociaux pour s’informer ou conforter une opinion déjà formée.

Cette période qui voit la cristallisation des clivages et des outrances voit aussi celle d’une désinformation en règle qui se pare des habits de la vérité. Elle s’épanouit presqu’exclusivement sous la forme de sites internet. Si certains d’entre eux comme www.legorafi.fr sont connus et affichent sans ambigüité leur caractère parodique, combien d’autres, sous couvert d’objectivité, propagent des messages volontairement mensongers pour mettre à terre un candidat ou encore défendre leurs idéaux racistes ou conspirationnistes, par exemple.

La crédulité des lecteurs ou leur volonté de faire correspondre à tout prix les faits à leurs préjugés sont des vecteurs exponentiels de montée en puissance de ce type de site. Plusieurs expériences ont été menées aux Etats-Unis où les rumeurs les plus folles ont été relayées (partouses à la Maison-Blanche sous la présidence Obama par exemple). Plus les nouvelles étaient choquantes et scandaleuses, plus les réactions étaient vives, plus les « je le savais », « tous pourris », « on nous le cache », « merci de nous dire la vérité » fleurissaient. Pour rappel, le message disant que le pape soutenait Trump a été relayé plus d’un million de fois sur internet.

Même si les géants Facebook et Google promettent de mettre de mettre en place des filtres pour écarter les sources non fiables, il n’en reste pas moins que la vigilance est de rigueur si à défaut de rechercher la véracité des faits, on ne veut pas se ridiculiser auprès de ses milliers « d’amis » virtuels pour avoir commenté de fausses nouvelles, l’argument du second degré n’étant pas toujours crédible après-coup.

Quelques éléments peuvent suffire à éveiller la méfiance : des articles sans date, non signés, des photos appuyant l’argument non légendées, des informations non sourcées. Le fait que cette information ne soit reprise dans aucun media reconnu devrait allumer automatiquement des clignotants rouges. On peut aussi compter sur au moins deux outils simples d’utilisation qui peuvent être exploités à des fins de vérification : Decodex créé par le journal Le Monde et le site www.hoaxbuster.com.

Nous avons le pouvoir de casser la dynamique de l’intox qui pollue l’information. En ne relayant pas les rumeurs, en ne les commentant pas et en éduquant nos amis sur les moyens de les contrer. Utilisons-le ! Parce qu’il fait du mal à la démocratie mais aussi à des individus qui se retrouvent malgré eux pris au milieu d’un maelström de commentaires malveillants et hargneux qu’ils ne maîtrisent pas.

Il nous appartient de prendre en main la qualité des informations que nous ingérons en apprenant à nous abreuver à des sources sûres.



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