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Liberté ou sécurité?

Liberté ou sécurité?

Les retombées immédiates des attentats du vendredi 13 novembre sur la vie quotidienne sont indéniables : les Français se réapproprient le drapeau tricolore, les militaires quadrillent les rues de Paris, hôtels et restaurants ont vu leurs chiffres d’affaires baisser de façon très notable, pour ne citer que ces exemples.

Elles risquent d’être pourtant plus profondes et plus durables du point de vue des libertés fondamentales si les Français continuent de faire de la sécurité une valeur première et que le gouvernement répond à cette exigence avec trop de zèle. Déjà, le Président François Hollande a proposé d’introduire la notion « d’état d’urgence » dans la Constitution française, considérant que les outils à sa disposition ne sont pas suffisants et surtout adaptés à la nouvelle forme de guerre terroriste à laquelle nous faisons face depuis peu.

Cette semaine encore, une auditrice s’offusquait sur les ondes de France Inter que les petites routes de campagne qui permettent le passage entre la France et la Belgique ne soient pas sécurisées. On aurait presque envie de lui demander de grandir un peu, de ne pas croire au Père Noël – même si c’est la saison. Comment et avec quels moyens l’Etat pourrait-il sécuriser tous les chemins frontaliers, tous les bâtiments sensibles ? Malgré les rodomontades de certains politiciens qui, à leurs dires, auraient certainement fait mieux, on ne peut pas croire qu’un gouvernement, quel qu’il soit, puisse nous protéger de la vie elle-même dont l’issue certaine est la mort. Si les grands déploiements de force ne servent qu’à donner une réponse visible à notre sentiment d’insécurité, les experts sont d’accord sur le fait que le renseignement est la pierre angulaire pour atteindre le meilleur niveau de sécurité possible. On peut d’ailleurs noter que le Patriot Act des USA, pourtant très restrictif en matière de libertés individuelles, n’a pas permis l’éradication des attentats sur le sol américain.

S’il est naturel pour des citoyens de requérir la protection de l’Etat contre des menaces de guerre, celui-ci doit-il y répondre au détriment de la liberté ? Comment trancher le dilemme Liberté/Sécurité ? L’une et l’autre ne nous sont-elles pas également indispensables ? Est-il plus aisé de vivre sans liberté ou sans sécurité ?

Il semble que l’histoire s’est fait un devoir de répondre à cette question sensible, encore et encore. Ce sont les régimes sécuritaires, souvent synonymes de totalitaires, quelque soit leurs bases idéologiques, que les populations ont fui ou continuent à fuir quand elles en ont l’occasion. Et ce, malgré les bas niveaux de délinquance quand arrestations arbitraires, délations, lois iniques, interdictions de manifester et de parler sont la norme. Les pays réellement démocratiques, en dépit de leurs errements et de leurs faiblesses, ne suscitent pas la fuite en nombre de leurs nationaux.

Mais où placer le curseur ? Quelle part de liberté céder pour avoir un peu plus de sécurité ? Répondre à cette délicate question dans l’urgence, quand on se sent fragilisé suite à une attaque, serait irresponsable. Parce que si la liberté a souvent été durement conquise, la préserver réclame certainement notre «vigilance éternelle», pour paraphraser Thomas Jefferson. Et nous ne devons laisser croire à aucun politique que nous sommes des enfants si apeurés que nous abdiquons notre liberté, préférant les refuges artificiels d’une sécurité sans faille.

 


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