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Quel est l’impact de la parentalité sur la carrière des femmes?

Quel est l’impact de la parentalité sur la carrière des femmes?
Cristina Lunghi est présidente-fondatrice de l’association Arborus et déléguée générale du fonds de dotation Arborus.
Docteure en droit européen et experte sur les questions d’égalité professionnelle et d’égalité des chances, Cristina Lunghi travaille, depuis 20 ans, en lien avec les entreprises et les pouvoirs publics.
Avec de grands groupes, tels que Carrefour, General Electric, L’Oréal, Orange, EDF…, elle a créé le label GEE&IS qui a vocation à s’ouvrir à toutes les entreprises qui souhaitent participer à la construction d’une société plus équitable sur la base de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Cristina Lunghi fait partie du bureau français du réseau américain International Women’s Forum, lancé le 10 mars dernier à l’Assemblée Nationale, qui réunit 6 500 femmes de haut niveau, issues des milieux politiques, économiques, universitaires et médiatiques.
En partenariat avec OpinionWay, le Fonds Arborus a lancé une enquête internationale sur l’impact de la parentalité sur la carrière des femmes, début juin, au CESE.
Cristina Lunghi a également écrit plusieurs ouvrages, dont  « Et si les femmes réinventaient le travail » (éd. Eyrolles, 2001), « L’égalité professionnelle en pratique » (éd. d’Organisation, 2002), « Comprendre l’égalité » (éd. BIOTOP, 2007).
Elle répond à nos questions.
C LUNGHI[1]

En quoi, en 2016, la parentalité a-t-elle encore un impact négatif sur la carrière des femmes?

La parentalité représente encore aujourd’hui le frein majeur à la carrière des femmes, et des hommes aussi d’ailleurs, s’ils la revendiquent dans l’entreprise. Nous savons, selon des études réalisées, que les hommes qui prennent un congé parental, un temps partiel ou qui partent plus tôt (que les autres) pour chercher leur enfant à l’école se font mal voir par leurs collègues masculins et ne sont plus identifiés comme ayant suffisamment d’ambition pour prétendre à une promotion.

En effet, l’image du «parent» reste une image liée à la contrainte. Ne parle-t-on pas des «contraintes» familiales, des «charges familiales»? Uniquement des mots négatifs et pesants qui interdisent une vision positive de la situation de parent.

Le fait d’être parent, et mère en particulier, déclenche un imaginaire fécond sur la dépendance avec l’enfant, l’idée du souhait de la mère d’être présente, devoirs scolaires, activités extra-scolaires, lever, coucher, bain de l’enfant… autant d’images qui n’incitent pas à proposer promotion, mobilité… Il faudrait que les hommes cessent de penser à la place des femmes!

Un long chemin reste à faire et notre enquête internationale, je l’espère, devrait nous aider à trouver des solutions originales, innovantes, pour bouleverser le système actuel.

C LUNGHI[1]

Selon vous, qui êtes experte en la matière, quelles devraient être les grandes tendances qui ressortiront de votre enquête internationale?

Nous pouvons d’ores et déjà faire le pari que la parentalité est un frein à la carrière des femmes en particulier, mais aussi des hommes! Mais ce que j’espère, c’est que les collaborateurs et collaboratrices interrogés sauront donner libre court à leur imagination et à leurs idées afin de nous apporter des idées pour modifier le système d’organisation de la pensée et du travail et venir à bout de ce sujet épineux.

Je pense que les pays dits « du Sud » (de l’Europe, mais aussi du monde, Amérique latine, pays arabes et Afrique noire) nous apporteront une vision très moderne.

En effet, les femmes, dans ces zones géographiques, sont des piliers non seulement de la famille mais aussi de l’économie des pays concernés et sont très imaginatives car très concernées!

La volonté de liberté de ces femmes est telle que je suis certaine qu’elles seront des sources d’inspiration majeures.

C LUNGHI[1]

Quels conseils pratiques et concrets donnez-vous aux entreprises qui ont véritablement la volonté de promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, en entreprise?

Très concrètement, deux éléments sont indispensables: la volonté politique au plus haut de la hiérarchie de l’entreprise et des processus orientés vers le management.

Arborus peut aider ces entreprises grâce à la méthode des labels français (France – Afnor) et international (GEEIS – Bureau Veritas) qui permettent d’entrer en douceur mais de façon pérenne dans ces sujets.

Le guidage d’Arborus et des entreprises membres fondatrices permet de s’enrichir de nouvelles pratiques et idées pour faire changer les systèmes et aller vers plus de performance.

C LUNGHI[1]

Le mot de la fin...

L’égalité entre les femmes et les hommes est la condition sine qua non du maintien de nos démocraties et de leurs développements.

c’est un sujet crucial dont il faut impérativement que chacun et chacune se saisisse, dans toutes les sphères: familiale, professionnelle, publique, politique, citoyenne.

Une société qui ne met pas sur un pied d’égalité les femmes et les hommes est une société qui trébuche, chancelle et finit par se casser la figure.

A l’heure où tant d’événements déstabilisants se développent quasi quotidiennement, revenons à cette égalité fondamentale, seule et unique source de liberté pour toutes et pour tous !

Cristina 2
Cristina Lunghi en réuninon
Crédit photos: www.arborus.org

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