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Mon amour pour Saint-Louis… ou l’amour des contrastes

Mon amour pour Saint-Louis… ou l’amour des contrastes
Marie-Caroline Camara 2

Marie-Caroline Camara

Saint-Louis témoigne avec humilité de l’histoire, de l’homme dans ce qu’il a d’immuable, et de l’entrée déterminée du continent dans le monde moderne. On y croise des bergers peulhs dans leurs tenues ancestrales côtoyant de jeunes cadres et leurs tablettes, des 4X4 rutilants et des charrettes à cheval. Si les quais s’agitent, ils sont encore parcourus par des chèvres errantes, qui serpentent entre des retraités jouant aux dames et de jeunes skateurs, alors que sur le fleuve glissent doucement de rares pirogues à voile.

 

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Ma grand-mère Nafissatou Ndaw à droite, avec l’une de ses sœurs

On se salue toujours, on célèbre entre voisins, musulmans ou catholiques, fêtes familiales ou religieuses. On se plait à échanger avec les commerçants mauritaniens et leurs femmes vendant sur les trottoirs, poutargues et voiles d’étoffe, à s’inviter autour d’un thé chez les bijoutiers. On a plaisir, à la descente du pont Faidherbe, à converser avec le cordonnier ou l’écrivain public, à suivre le ballet des cars rapides, à vanter l’énergie des femmes de pécheurs, transportant dans des taxis clando hors d’âge, de lourdes bassines de poisson frais.

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Mon grand-père, Babacar Camara né en 1882 à Saint Louis

Saint-Louis est pour moi un espace de cohabitation et de tolérance unique dont la ville peut s’enorgueillir. Ce respect de la diversité issu de son histoire, la rend aujourd’hui fort moderne, dans un monde ou la tentation du repli sur soi ressurgit.

Un archipel au cœur du delta du fleuve, et 3 espaces contrastés, reliés par des ponts, différents, mais interdépendants, qui sous une langueur apparente, révèlent des trésors d’énergie…

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A Saint-Louis, la maison d’hôtes « Au fil du Fleuve » de Marie-Caroline

La langue de Barbarie, avec Guetndar, le quartier laborieux des pêcheurs , qui impose le respect et que j’aime parcourir aux heures de débarquement du poisson et lorsque l’armada des pirogues saint-louisiennes quitte fièrement la cité par le petit bras du fleuve, pour affronter l’océan. Le Sor et la fébrilité des petits étals du marché et du peuple des travailleurs venus de tout le pays et de la sous-région : vendeurs ambulants, ferblantiers, tailleurs, menuisiers, revendeuses deproduits de maraichage… L’ile alanguie et ses vieilles bâtisses, que traversent nonchalamment d’élégantes driankés*, des nuées d’élèves aux blouses multicolores ou un chapelet d’hommes en tenues gommées pour la grande prière du vendredi. Saint-Louis, contrastes des sons et des couleurs, tantôt vives et tantôt tendres ; beauté d’un fleuve changeant au gré des saisons et des marées, et d’un ciel immensément étoilé, qui nous rend infiniment petit. J’aime plus que tout, installée sur la galerie de la maison, me laisser porter au crépuscule, par les bruits doux qui l’animent : paroles et prières murmurées, crépitement des petits fourneaux allumés sur les trottoirs, babillements d’enfants, derniers chants d’oiseaux dans les palmes, bêlement des chèvres de retour au bercail et bruit sourd de l’océan. Saint-Louis est pour moi un espace de cohabitation et de tolérance unique dont la ville peut s’enorgueillir. Ce respect de la diversité issu de son histoire, la rend aujourd’hui fort moderne, dans un monde ou la tentation du repli sur soi ressurgit.

Par Marie-Caroline Camara


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