Breaking News

Retour triomphal en pays natal

Retour triomphal en pays natal

Nuit de la Gratitude 


Pleins feux sur la jeune création contemporaine en plein essor

La piscine de l’Hôtel Sarakawa de Lomé s’est transformée, le samedi 4 juillet 2015, à l’occasion de «La Nuit de la gratitude»,  en un lieu féérique. Cette soirée exceptionnelle, orchestrée de main de maître par la styliste burkinabè d’origine togolaise Clara Lawson Ames, était placée sous le signe du partage et de l’unité nationale.  Entre cocktail d’ouverture, prestations scéniques et défilés de mode  glamour, « La Nuit de la gratitude » a tenu toutes ses promesses.

Dans son allocution de circonstance, Clara Lawson, visiblement émue, est revenue sur une partie de sa vie. Au passage, elle a rappelé son attachement et sa reconnaissance à son «Togo chéri».

25 ans après avoir quitté son pays natal pour le Burkina-Faso, cette grande dame a tenu à rendre un hommage mérité à la créativité et à la mode africaines.

Pour les aficionados de mode contemporaine et les amoureux de textiles traditionnels, Clara Lawson est un bel exemple à suivre. Depuis 1989, avec sa griffe Clara Design, elle exporte, avec brio, la mode africaine en Europe, mais aussi aux Etats-Unis, à travers ses créations modernes, métissées et colorées.

En mélangeant de façon subtile et élégante, le Faso Dan Fani (NDLR : pagne tissé du Burkina Faso) avec de la soie, de la cotonnade et diverses matières nobles et naturelles, Clara Lawson a su imposer un style reconnaissable et élégant. Ses créations donnent, depuis 30 ans, une autre vision du continent. Dans l’élan de la Renaissance africaine, elle offre un «nouveau visage de l’Afrique», pour reprendre son expression. La styliste togolaise a réalisé son « rêve américain » en lançant,  des Etats-Unis, en 2009, un nouveau concept et une nouvelle marque intitulée « Sirène du Sahel» (Siren of Sahel, discover the new face of Africa).  Avec la classe et la rigueur professionnelle qu’on lui connait, elle a réussi à imposer le «made in Africa» au pays de  « l’Oncle Tom ».

Son engagement pour la préservation de l’héritage culturel de son continent ne s’arrête pas à ses créations. Il revêt également un caractère social et humanitaire à travers l’ONG Aimes-Afrique du Togo, dont elle est la marraine au Burkina Faso et l’Association de soutien au développement de l’art vestimentaire et textile africains (ASDAVTA) qu’elle a fondée.
L’événement du 4 juillet dernier a permis au public de mieux comprendre les différents engagements de Clara Lawson, tout en offrant une merveilleuse vitrine à quatre jeunes talents togolais, en l’occurrence Malika, Kris Kali, Crédaniah et Nadiaka. A cette occasion, ils ont véritablement fait montre de créativité et d’originalité. Quant à la « guest star » de la soirée, le styliste Martial Tapolo, il a littéralement ravi l’assistance en présentant des modèles mêlant soie, taffetas, cuir et raphia pour un rendu très couture.
Notons, pour conclure, qu’il est rare qu’un créateur de mode organise un événement aussi grandiose pour rendre hommage à son pays, aux siens et à ses confrères créateurs.

Nul doute que cette nuit résonnera encore longtemps dans le cœur des Togolais et de tous les invités venus des quatre coins du monde.

Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background
Slide background

Photos: Robert HALE

Quel bilan faites-vous de cette « Nuit de la gratitude » ?

Clara Lawson: Très satisfaisant dans la mesure où cette nuit a été pensée et organisée pour atteindre un objectif précis : faire comprendre à ma terre natale, à mon Togo chéri,  que je voulais honorer, que même en étant à l’extérieur, je ne me suis jamais détachée de ma terre et des miens. Cela a été une nuit de partage. J’ai pensé aussi que c’était le moment de remercier chaque personne qui a contribué à mon cheminement et à mon élévation. Cette nuit a été dédiée à vous tous qui m’avez soutenue.  Et elle a été belle ! Le public, qui a répondu nombreux, nous a honorés en participant. Je suis très heureuse d’avoir pu atteindre cet objectif et d’interpeller chaque personne sur le fait que nous pouvons faire de belles choses ensemble, notamment dans le milieu de la culture au Togo.

Pourquoi était-ce si important de le faire maintenant et d’y associer aussi bien les anciens que les jeunes? Car dans votre discours d’ouverture, on ressent la mise au point d’une enfant, de retour en pays natal, qui a une mission à accomplir…

Clara Lawson: En effet, c’était important car j’avais le concept en projet et il y a deux ans, mon père -avec qui j’avais des relations particulières- nous a quittés, en me faisant promettre de revenir au Togo, partager toute l’expérience acquise à l’extérieur. Cet engagement pris auprès de mon père a commencé à m’interpeller sérieusement l’année dernière. Ensuite, nous avons eu les élections présidentielles qui se sont passées dans le calme et la paix. J’ai voulu aussi remercier à ma manière le peuple qui a voulu que le Togo retrouve sa quiétude du temps passé. Je me suis dit que c’était le bon moment pour mettre en pratique la vision de mon père et d’accomplir ma mission car notre terre a beaucoup de potentiel. Nous avons une situation géographique idéale et tout est possible avec l’amour et la paix. Je voulais aussi faire découvrir les jeunes créateurs de ce pays.

Parlons des stylistes invités justement. Comment s’est porté votre choix vers eux ?

Clara Lawson: Je voulais une soirée purement togolaise. A part Martial Tapolo, qui est du Cameroun et qui était « la guest star », je voulais donner la chance à des jeunes créateurs togolais. J’ai eu la chance, la grâce, d’arriver là où je suis aujourd’hui. Je dois donc partager cette opportunité avec des jeunes afin de leur offrir une visibilité et d’être dans la transmission. Le milieu de la mode est précaire et difficile, si personne ne vous prend par la main, vous ne pouvez pas progresser, même avec du talent. J’ai choisi ces créateurs au coup de cœur. J’en connaissais certains de nom, et j’en ai découvert d’autres en m’arrêtant devant leur boutique et en m’intéressant à leur travail. Le choix s’est fait sans protocole, naturellement. J’ai voulu mettre à l’honneur ces créateurs, mais eux aussi m’ont honorée en retour, par leur présence et la beauté de leurs créations. J’espère que cette soirée aura donné envie, aux Togolais et aux Africains d’honorer leurs stylistes et de porter leurs créations au même titre que les Dior, Chanel ou autres. C’est à ce prix que nous ferons tous progresser l’industrie de la Mode dans nos pays. Je me suis donnée comme mission de passer ce message.

Après trente ans de créations, vous avez du recul. Quel regard portez-vous sur la mode togolaise et la mode africaine en général ?

Clara Lawson: Je suis heureuse de l’envol qu’a pris la Mode africaine. Les créateurs se battent pour la reconnaissance de cette mode qui a été mise en retrait pendant des années. Aujourd’hui le regard porté sur la Mode africaine a changé positivement. Quand j’ai pris le risque d’aller m’installer aux Etats-Unis, on a tenté de m’en dissuader. J’ai pu constater que les imprimés africains, qui s’expriment de façon modernisée, plaisent de plus en plus et partout dans le monde. Et je suis heureuse d’avoir contribué, modestement, à l’essor de cette mode.

Vous vivez toujours entre les USA et le Burkina-Faso. Le retour au Togo, après 25 ans d’absence, est-ce un retour virtuel ou réel ?

Clara Lawson: C’est un retour réel. Il m’a fallu 4 ans pour bien asseoir mon concept aux Etats-Unis. Au Burkina Faso, j’ai passé 27 ans. C’est chez moi, puisque mon atelier de production est au Burkina. Il faut maintenant que je travaille sur le Togo où je veux installer ma base, mais je reste aussi à l’international.

Quelques mots sur la collection « Ma tradition » que vous avez présentée pour cette nuit de gratitude?

Clara Lawson: J’ai réfléchi à cette collection avec « mes mamans » du Burkina Faso qui me font le pagne tissé, en leur expliquant que leur travail devait refléter le thème de la soirée. Comme toujours, nous partons de la tradition que nous adaptons à la mode contemporaine. C’est mon crédo. La première partie de la collection a été réalisée avec les tissus Vlisco, avec qui j’ai une histoire d’amour familiale puisque ma mère était d’une lignée de « Nanas Benz », les grandes revendeuses de pagne au Togo. A cette époque, comme l’a justement rappelé le ministre de la Culture et de la Communication, Lomé était la capitale du pagne. J’ai travaillé également sur une thématique de noir et blanc pour casser l’image de deuil qu’ont ces couleurs avec des pagnes tissés: du Kita, ainsi que le pagne mythique du Togo le « Lomé Hounyi ». En Mina, cela signifie « la femme qui magnifie la beauté de Lomé ». Le dessin de ce tissu appartenait à l’une de mes tantes. C’est donc un clin d’œil et un hommage à ces femmes qui étaient les premières designers de Vlisco. Chacune avait ses propres dessins. Aujourd’hui, la compagnie de textile néerlandaise revient à ces dessins qui datent de 50 ou 60 ans et les remet au goût du jour.

Où peut-on acheter des créations signées Clara Lawson ?

Clara Lawson: On trouvera très bientôt du Clara Lawson via une boutique en ligne à travers le monde. Aux Etats-Unis nous n’avons pas de boutique, mais notre structure est reconnue et avons des partenaires sur place. A Lomé, je vais mettre en place une boutique. En espérant que nous aurons des soutiens car notre culture, c’est notre héritage. J’ai pour objectif de faire de Lomé la capitale de la mode, avec une école de formation de mannequinat entre autres. Lomé a toujours été la capitale du textile, donc cette renaissance est possible. C’est une cause noble à défendre.

Photos : Robert Hale
Chorégraphie : Junior Ebollo



Related Articles

Océane Chiaroni, passionnée par le 7ème Art

Passionnée par le 7ème art depuis sa plus tendre enfance, la jolie Océane Chiaroni a décidé d’en faire son métier. Après un cursus riche en France, c’est à New York que la jeune comédienne française a choisi de poser ses bagages. Elève au célèbre «Susan Batson Studio», elle raconte cette méthode si particulière et évoque ses ambitions. Rencontre.

L’Afrique des cultures à Cajarc

La 16ème édition d’Africajarc, « le festival des cultures africaines », s’est tenue du 24 au 27 juillet à Cajarc, sur les rives du Lot, dans le sud-ouest de la France. Pendant quatre jours et quatre soirées […]

No comments

Ecrire un commentaire
Pas encore de commentaires! Vous pouvez être le premier à commenter ce post !

Ecrire un commentaire

Sentez-vous libre de commenter, s'il vous plait...