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La Révolution Numérique: accélérateur du Marché de l’Art?

La Révolution Numérique: accélérateur du Marché de l’Art?

Les différents rapports sur le marché de l’Art mettent un accent très fort sur le dynamisme du marché de l’Art, soutenu par l’ère du numérique. Si parfois, certains spécialistes et grands amateurs d’art le soulignent avec une part d’étonnement, d’autres confirment largement cette tendance.

Force est de constater que bon nombre de sites marchands ont éclos dans le monde, ouvrant les portes du possible de l’acquisition facile et rapide de créations contemporaines. Félicitons le modernisme et la dynamique parfois vorace de certains de ces sites qui créent progressivement une ubartisation.

Nous lisons ici et là, par exemple, en avant-propos du rapport HISCOX « Quels seront les grands vainqueurs des sites commercialisant de l’Art en ligne ».
En effet, la faim grandiloquente de certains sites souligne aussi un rapport monétisé et démesuré de l’univers artistique. Bien loin du génie et de l’univers créatif, ceux-ci montrent un signe alarmant de leur modèle d’industrialisation du marche de l’art.

La question selon moi repose sur le simple fait que l’Art et la création sont des biens précieux établis en théorie par des personnes qui n’ont pour seule volonté que d’exprimer leur talent, les joies et les peines d’une société, leur chemin idéal voire même leurs fantasmes et addictions.

De tout temps, la création a fait état d’un certain savoir-faire que d’autres n’ont pas. Tout le monde est en capacité de peindre, cependant, il est difficile de maîtriser son art et d’être en mesure de le faire évoluer en produisant de manière structurée, conjoncturelle et émotionnelle.

D’ailleurs, si nous posions la question suivante à de nombreux artistes: «Seriez-vous prêts à mourir si vous ne pouviez plus exercer votre Art?», je vous laisse apprécier la réponse éventuelle et le nombre bien moins représenté sur la scène internationale. Il y aurait alors beaucoup moins de sites marchands.

Ainsi, si l’on doit faire un focus sur la tendance du marché de l’Art, il me semble important d’apprécier ces quelques notions qu’il peut sembler utile de rappeler.

Nikki de Saint Phalle

Distinguons alors deux notions permettant de mieux quantifier la valeur d’une œuvre en dehors de certaines adjudications parfois dopées; La création, ouvrage structuré et réfléchi parfois très esthétique et pouvant être aisément reproduit à grande échelle ou à quelques différenciations près. Excluons la photographie et la sculpture, les arts visuels et numériques dont les codes sont assez réglementés.

L’Art conserve et conservera toujours ses lettres de noblesse, construit avec fougue, force, violence, rage, transcendance, obsession, délires, fantasmes, drogues, sexe, etc…

L’Art est, par nature, très personnel. C’est une essence dont seul le créateur est à même de connaître le code et que certains érudits tentent de décoder. L’Art est un outil de communication vibratoire qui permet à son créateur de faire passer des messages parfois très engagés et perçus par certains de ses admirateurs.

Pour revenir à la révolution numérique et au marché de l’Art, il n’y a nullement une opposition au développement du numérique, mais plutôt une mise en garde et une attention particulière à l’image mercantile qui risque d’annoncer un danger à l’image de l’excès de pouvoir qu’ont les institutions financières.

Ainsi, pour apporter une vision plus mesurée du rapport HISCOX ainsi qu’à celui d’Art Price, j’aurais tendance à penser qu’il n’y aura pas de grands vainqueurs, et surtout, il ne faut pas de grands vainqueurs pour continuer à faire vivre le marché de l’Art.

Adopter un modèle économique identique à l’industrie, c’est mettre en péril à terme sa propre rentabilité ainsi que sa longévité, et, in fine, tuer encore un peu plus ceux que nous admirons.

La mesure et la modération ont toujours été des gages de pérennité permettant de traverser les ères par vents et marées. Nous pouvons féliciter cette approche portée par les grandes maisons de ventes aux enchères qui évoluent avec leur temps sans tomber dans l’excès d’un effet de mode.

Lecture et analyse du marché de l’Art en ligne:

  • +24% au cours des 12 derniers mois malgré une diminution des ventes aux enchères en 2015.
  • 60 % de hausse pour les sites d’enchères exclusivement en ligne tandis que sotheby’s et christie’s sont à plus de 10% environ.
  • 92% des acheteurs pensent acheter autant ou davantage d’œuvres dans les 12 prochains mois et seulement 8% pensent en acheter moins.
  • Seulement 51 % des acheteurs sont désormais réticents à acheter en ligne en 2016 contre 61% en 2015. Cependant les acheteurs novices évoluent très peu car 43% en 2016 versus 41% en 2015.
  • Les grandes maisons de ventes aux enchères continuent de bénéficier d’une très bonne opinion et renforcent leur statut en s’adaptant au modèle numérique tout en préservant leur modèle traditionnel.
  • Une lente adaptation de galeries à l’ère du digital: Seules 28 % des galeries offrent la possibilité à leurs clients de payer en ligne via le « click and buy ». Par contre 41% d’entre-elles passent par des sites majorés pour effectuer ce type de transactions.
  • 39% des galeries n’ont pas mis en place de stratégie d’e-commerce et plus de 60 % n’ont pas créé de collaborations en marque blanche.
  • 3,27 milliards de dollars de ventes en ligne dans le monde en 2015 avec un « trend haussier » permettant d’imaginer un niveau de vente avoisinant les 10 milliards en 2020. Ces perspectives sont symétriques avec l’industrie du luxe en ligne.

Compte tenu de ces éléments chiffrés, il est tout de même difficile pour un professionnel du marché de l’Art de ne pas envisager de créer un partenariat avec une structure permettant de mieux diffuser et vendre les objets mis en vente selon un modèle.

Il est toutefois primordial de ne pas se noyer dans la masse industrielle de certains sites qui ont tendance à « ubériser » le marché de l’Art. Les ventes d’Art en ligne n’ont pas que des effets négatifs, puisqu’ils ouvrent les frontières du marché au profit d’investisseurs mondiaux alors que dans le modèle plus traditionnel, la proportion régionale était plus dominante. Cette vitrine internationale permet aux acteurs du marché de l’Art d’avoir un catalyseur important, évitant les risques systémiques liés à une conjoncture locale parfois plus morose.

Notons également que les entreprises à taille humaine dans le Monde ont à cœur d’améliorer leur image de marque et moderniser l’image de l’entreprise au travers de l’art contemporain, désormais plus accessible grâce aux sites en ligne d’une part, mais aussi à leur possibilité de financer leurs acquisitions grâce au leasing. Cette pratique, jusqu’alors beaucoup plus usitée dans les pays anglo-saxons, tend à se démocratiser petit à petit en Europe et notamment en France, pour des raisons fiscales.

La tendance se confirme grâce aux sites comme galeriebeauxarts.com qui propose des modèles de financements adaptés aux besoins des entreprises européennes, notamment en France, Belgique, Luxembourg et Suisse.

Les banques françaises, quant à elles, ont toujours une vision trop étriquée du marché de l’Art et n’ont pas encore parfaitement intégré l’idée que ce serait pour elles une possibilité d’améliorer leur produit net bancaire en fluidifiant ce type d’opérations d’une part, et d’autre part, en évitant de flirter avec des taux proches des taux d’usure.

Ce serait, pour elles, un moyen éventuel de capter une nouvelle source de clients, souvent esthètes et fortunés, en permettant à des structures comme galeriebeauxarts.com d’accompagner un plus grand nombre d’entreprises à ce type d’investissements et leur permettant de conjuguer image de marque et fiscalité.

Nouvelle population d’acquéreurs, nouveau modèle économique, Mais objectif similaire.

Quelques soient les achats, traditionnels ou en ligne, les acheteurs ont le même mode d’appréciation. L’esthétisme et le rapport émotionnel est prédominant avec 92% des acquéreurs représentés.

Ensuite, se pose la question du: «Combien vaudra mon œuvre demain?».
57% ont un profil d’investisseurs. 44% de la population d’investisseurs le font pour des raisons identitaires tandis que 39% le font pour des raisons sociales.

Enquête auprès des galeries:

  • En 2016, stagnation de la solution interne de l’e-commerce avec partenariat tiers.
  • 26% se sont rapprochées de sites plus industriels pour fluidifier leurs ventes tout en diminuant conséquemment leurs marges.
  • 15% ont construit leur propre site d’E-commerce contre 22 % en 2013.
  • 39% n’ont pas de stratégie de développement en ligne.
  • Pour les galeries ayant une activité d’e-commerce, 52 % d’entre elles ont une clientèle internationale. Le réseau national étant soutenu par l’investissement au travers des sociétés soucieuses d’améliorer leur image de marque par des achats qualitatifs.
  • 59% notent des clients réguliers en ligne avec leurs partenaires d’e-commerce spécialisés.
  • Les galeries en ligne passant par les sites industriels plafonnent pour plus de 80 % sur des niveaux de ventes inférieurs à 12 000 euros dont 58 % sur des niveaux inférieurs à 6000 euros et 41% entre 1000 et 6000 euros.
  • Les sites plus élitistes ayant des critères plus restrictifs dans leurs catalogues ont un panier moyen de 30 % supérieurs aux sites industriels. Les montants et la multi-vente y étant plus forte.
  • Les nouveaux clients acheteurs en ligne auprès des galeries représentent 60% de la population ayant 20 et 50 ans, presque 60 %sont des femmes.

L’Europe est largement représentée dans la typologie d’acquéreurs mondiaux puisqu’ils représentent à ce jour 60 % de la population. 25% sont sur le territoire américain, cependant le panier moyen est plus élevé sur ce même continent.

La donne change progressivement avec les investissements de plus en plus importants en Asie, Pacifique, Afrique du sud et l’Inde.

En conclusion :

Je constate que le marché de l’Art reste et demeure un terrain passionné et passionnant, représentant fidèlement l’évolution des peuples, des événements et de l’économie mondiale. En perpétuelle et constante évolution, le marché de l’Art est un acteur incontournable de l’économie mondiale, lequel permet parfois d’être un amortisseur économique mais aussi un accélérateur. Du classicisme au Street Art, le monde n’a eu de cesse de tourner avec cet indicateur socio-économique. L’Art est un outil moderne de communication, mais il est aussi un moyen de mise en garde sur les modèles économiques parfois trop audacieux et mettant en péril les fondements même de ce qui doit représenter une économie saine et raisonnée.

Crédit photos: Marc Falardeau – Torley – Art Poskanzer – Smabs Sputzer


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Marché de l'Artrévolution numérique

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