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De vous à moi…

De vous à moi…

Sortir de sa zone de confort. Oublier les certitudes et les pensées toutes faites. Voilà ce à quoi nous sommes confrontés avec l’arrivée des réfugiés. Difficile. Impossible ?

La France qui se targue d’être de tradition judéo-chrétienne en vient à aller à l’encontre des recommandations du pape sur cette question et même à en renier l’infaillibilité pour refuser d’accueillir des réfugiés. Pourtant, ce même pape est célébré quand il prend des positions jugées progressistes sur des sujets comme l’homosexualité, les divorcés, etc.

De nombreux pays oublient qu’au cours des siècles, ils ont été pendant longtemps des terres de migrations et que beaucoup de leurs nationaux ne sont pas « de souche » pour employer l’expression consacrée.

De nombreux pays oublient qu’ils ont imposé leur présence dans de nombreux autres, partout sur la planète et importé, imposé leur culture, oblitérant celle des autochtones.

De nombreux pays oublient que certaines de leurs actions ont directement provoqué les situations actuelles dans certains pays (interventions au Moyen-Orient par exemple).

Oublis commodes. Amnésies sélectives.

Moi, l’agnostique, j’ai encore trop de réminiscences de mon éducation chrétienne pour prendre prétexte des difficultés de notre « Douce France » pour en refuser l’accès à une humanité aux abois. Combien d’homélies, spécialement pendant les festivités de Noël, reprennent les célèbres paroles de Jésus, « j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » ? Nous voulons croire que nous aurions recueilli Marie et Joseph, ces réfugiés qui fuyaient les foudres d’Hérode. L’imagerie chrétienne nous les présente paisibles, un sourire fugace aux lèvres, élégants dans leurs robes aux plis impeccables. Pourtant, comme ceux que nous croisons aujourd’hui dans les gares de Paris ou d’ailleurs, ils ont dû, pendant leur périple, dormir dehors, avoir les pieds crevassés, les ongles sales, l’haleine lourde. Tout ce qui nous rebute aujourd’hui nous aurait rebutés alors et comme leurs contemporains – soyons honnêtes- nous les aurions sans doute laissés dehors. Avouons-le !

Nous, pays de tradition judéo-chrétienne, nous rappelons-nous encore la parabole de cette pauvre femme qui avait donné « de son nécessaire » ; c’est-à-dire partagé son minimum vital et de ce riche qui avait donné de son superflu ?

Mais est-il besoin de faire référence aux enseignements chrétiens pour savoir où est notre devoir ? La simple humanité ne nous oblige t’elle pas à participer, d’une manière ou d’une autre, à l’effort national ? A au moins offrir un sourire comme on donne un verre d’eau à un homme assoiffé dans le désert ?

Si nous avons peu, nous pouvons donner peu car nous ne sommes riches que de ce que nous donnons. Et, malgré la crise, malgré nos habitudes de repus en occident, NOUS N’AVONS PAS RIEN.

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