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Disparition ou rédemption de l’humanité?

Disparition ou rédemption de l’humanité?

«The fire next time». James Baldwin prévoyait-il déjà la fin de l’humanité avec le réchauffement climatique en 1963 quand il a écrit «La prochaine fois, le feu»? Déjà, il ne faisait que reprendre l’avertissement de la Genèse lancée par Dieu après le déluge.

Quoi qu’il en soit, l’homme veut faire mentir cette prophétie en mettant tout en œuvre pour éviter cette chronique d’une destruction annoncée. Des micro-actions aux résolutions plus planétaires sont requises de chacun: certains déodorants sont proscrits, ne pas fermer le robinet en se lavant les dents est presqu’un crime, avoir une voiture au diesel le sera peut-être bientôt et les grand-messes internationales s’enchaînent dont la prochaine COP21, du 30 novembre au 11 décembre, au Bourget, en France.
Les “climato-sceptiques” sont priés de se taire, de faire profil bas. Les scientifiques qui pensent que ce réchauffement n’est qu’un épisode dans la vie millénaire de la Terre sont tout simplement vilipendés et leurs qualifications contestées.
Et les indifférents à la cause climatique? Egoïstes, locataires (de la terre) sans scrupules, meurtriers même, sont les quelques qualificatifs qu’on leur jette à la tête.
Pourtant, pourquoi l’humanité serait-elle appelée à vivre éternellement? Ou pourquoi fait-on semblant de le croire? Les dinosaures et bien d’autres animaux ont disparu quand les conditions de leur vie sur terre n’étaient plus réunies. Pourquoi en serait-il autrement pour l’homme ? Parce que nous sommes plus intelligents, en tant que représentants de l’évolution «ultime» de l’homo sapiens? J’en doute, étant donné l’énergie que nous mettons à nous saborder nous-mêmes. Je pencherais plutôt pour un sort identique à celui de certaines espèces. En tant que maillons faibles, il me semble que nous devrions nous attendre à disparaître pareillement. Cependant, c’est une éventualité que nous repoussons de toutes nos forces.
Nous évitons la seule question qui vaille. L’homme est-il si important qu’il faille à tout prix lutter pour sa survie? Et si on se décidait à aller tranquillement vers notre mort programmée pour laisser place à une forme de vie plus évoluée qui intégrerait nos erreurs passées, une forme de vie plus apaisée? Parce que pour un Martin Luther King, une Mère Teresa, un Gandhi, une Malala (jeune militante des droits de la Femme au Pakistan, plus jeune prix Nobel de la Paix en 2014, ndlr), un Mandela, combien de Staline, de Khmers rouges, de Poutine? Combien de chacun de nous, avec nos petites trahisons quotidiennes, notre veulerie, notre lâcheté (que ceux qui ne se reconnaissent pas dans ce portrait peu flatteur me pardonnent) ?
la prochaine fois le feu James Baldwin
A l’heure où l’euthanasie est largement discutée, serions-nous prêts à déclarer qu’il n’y a plus d’espoir pour l’humanité et qu’il serait temps de la laisser mourir de sa belle mort en arrêtant les soins que nous tentons de prodiguer à la terre (la lenteur de cette mort et les souffrances indescriptibles qu’elle ne manquerait pas de provoquer avant l’issue fatale sont à prendre en compte, bien sûr) ?
Peut-être cette frénésie, ce refus d’envisager la disparition totale de l’humanité ne sont-ils, en définitive, que le sceau d’un espoir toujours vivant d’une humanité responsable.

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