Comment mettre une claque à notre saboteur interne

Hummmmmm, Mettre une claque à notre saboteur interne …

L’une des règles du romancier lorsqu’il se consacre à son ouvrage et qu’il le souhaite passionnant, palpitant pour ses lecteurs, est de porter une attention particulière à ces deux personnages que sont le protagoniste et l’antagoniste.

Le protagoniste est le moteur de l’histoire, alors que l’antagoniste en est le frein. L’antagoniste entre en opposition avec le protagoniste et de cet affrontement provient l’une des sources principales de conflit dans le roman.

Pourquoi cet affrontement ? Généralement parce que l’un et l’autre ont des objectifs différents qu’ils souhaitent atteindre et qu’à un moment ou à un autre ces objectifs se télescopent, empêchant ainsi la réalisation du but atteint ! Une lutte s’impose alors dont l’objectif est pour l’un ou l’autre de gagner. Parfois, l’objectif est le même : Par exemple, deux boxeurs qui s’affrontent ont le même objectif : gagner le mach. D’autres fois, l’antagoniste n’est pas humain : Regardez n’importe quel film catastrophe et l’antagoniste identifié pourrait être une tempête, un incendie ou un tremblement de terre. Il n’en reste pas moins que ces éléments jouent le rôle d’antagoniste puisque le héros de l’histoire devra lutter contre eux pour sauver sa famille, ses biens, ses voisins ou lui-même.

L’antagoniste, la plupart du temps, même lorsqu’il est humain, n’a pas conscience d’en être un. Il poursuit un objectif qui est le sien et est, on peut le dire, le protagoniste de sa propre histoire.

Le soin apporté à la description de ces deux personnages principaux est donc primordial. L’auteur doit non seulement expliquer leurs actions, mais aussi en préciser les ressorts internes, les raisons cachées. C’est en comprenant leurs tourments intérieurs passés, présents ou projetés dans le futurs que le lecteur trouvera en lui un moyen d’identification, et lorsque ceci arrive, c’est gagné, pour l’auteur. Un roman réussit est un roman qui fait le lien entre le lecteur et le héros jusqu’à ce qu’ils ne soient plus qu’un. Le lecteur souffre alors autant que son héros et lutte à ses côtés. Peu importe que leurs vies soient différentes ou même opposées, l’important est que leurs émotions se rejoignent quelque part dans l’histoire, ou tout au long du roman.

Pourquoi est-ce que je vous raconte ceci, à vous, lecteur, lectrice adoré.e qui n’avez jamais eu l’intention d’écrire un roman ?

Simplement parce que, alors que j’écrivais cette capsule «Conseil d’écriture » pour une plate-forme télévisée, mon doigt s’est soudain suspendu au- dessus de mon clavier lorsqu’à fusé dans mon cerveau cette pensée ! 

– Mais oui, mais c’est bien sûr ! C’est exactement le rôle que joue celui-là-, qui tel une abeille, bourdonne en permanence en nous lorsque nous avons une nouvelle idée, un élan vibrant, une envie de changement : Monsieur le saboteur interne !

A chaque nouvelle volonté de changement qui pourrait bousculer nos habitudes ronronnantes, le voilà qui se présente pour nous dire : « Même pas cap » ou encore : «Mais non, mais non, c’est trop dangereux ! Reste dans ton cadre habituel, n’en sors surtout pas, l’inconnu est redoutable et l’extérieur encore plus terrifiant » ! Et si sa voix raisonne si fort, c’est justement parce qu’elle est en nous. Elle est cette ombre que nous craignons d’affronter par peur. Nous nous persuadons qu’elle dissimule des mondes terrifiants quand, bien souvent, elles ne sont qu’un brouillard plus ou moins épais cachant des couleurs inconnues, mais lumineuses.

Notre saboteur interne est donc cet antagoniste qui nous barre la route, nous empêche de nous réaliser, nous garde petit, peureux, craintif. Nous fait croire que nous ne serons jamais rien de plus que ce que nous sommes déjà. 

Mais il n’est pas nécessaire de lui en vouloir. Après tout, tout comme l’antagoniste de nos romans, il a ses propres buts ! Et le principal est celui-ci : nous protéger. S’il nous empêche de grimper la montagne, ce n’est pas parce qu’il ne veut pas nous voir, tout là-haut, mais plutôt parce qu’il a peur qu’en grimpant, à un moment donné ou à un autre, nous ne tombions.

Alors, que faire ? Je vous propose quelques astuces à tester :

  1. Lorsqu’on a une envie nouvelle, la visualiser, la voir avec de la hauteur afin d’identifier plus facilement nos attitudes auto sabotrices.
  2. En comprendre l’origine : Pourquoi nous sabotons-nous ? Par exemple, si je me dis que je n’attire que les mauvaises personnes, il faut que je sonde mon passé, que j’en comprenne les raisons. Et je peux me faire aider si possible. Il est nécessaire de faire le ménage mental. Si vous avez dû vous faire tout petit tout au long de votre enfance pour recevoir de l’attention ou de l’affection, est-ce nécessaire de poursuivre ce comportement une fois adulte ? Se poser la question est déjà un pas vers une possibilité autre.
  3. Le désir de changement : Nous aimons tout maîtriser et le changement ne se maîtrise pas. Il faut donc accepter de voir la vie sous un œil nouveau. Et là, il est salutaire de briser les résistances. Il faut prendre une décision claire de changement.
  4. Commencer tout doucement, avec beaucoup de bienveillance pour soi.  Comprendre que notre mental est dirigé par des automatismes et, progressivement, le réorienter. Patience et persévérance sont la clé de la réussite ici.
  5. Accepter l’imperfection. La peur vient aussi du fait de se sentir vulnérable en cas d’échec. Accepter que le résultat sera peut-être différent, ridicule même, et alors ? 

Prenez la décision de dépouiller le saboteur interne de ses oripeaux !  Vous voulez vous lancer dans le dessin ? Oui, vos premières esquisses ressembleront peut-être à une œuvre d’un enfant de 3 ans. Mais si vous persévérez, imaginez les progrès, 6 mois, 1 an, 5 ans plus tard ? Il en est de même de notre mental. Et toujours revenir à cet exemple qui est l’alpha et l’oméga de toute tentative pour grandir : l’apprentissage de la marche : Le bébé qui apprend à marcher est le plus grand démolisseur de saboteur interne qui soit : Il tombe, se relève, et ceci, autant de fois que nécessaire jusqu’à parvenir à son but : Marcher. Seul. Et vous savez quoi ? Ce bébé, c’était vous !Quant à moi, je reprends le cours de l’écriture de ma capsule. Je m’étais juste interrompue pour partager avec vous cette réflexion : Quand les règles d’écriture reflètent nos comportements de vie….

billet d’humeur, Corine Dossa, Saboteur interne

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