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Dossier « La route des clameurs » et Ousmane Diarra

Dossier « La route des clameurs » et Ousmane Diarra

« La route des clameurs »

Tous les moutons du monde mènent à l’avenue des lauriers sur laquelle vous pourrez admirer le pagne d’une femme dont les balbutiements et, chants aux vents vous feront penser aux ombres de la nuit qui cachent un vieux lézard qui rampe sur la côte d’Adam.

Ceux qui aiment sa plume comprendront à travers ces premiers mots l’hommage chaleureux que je rends à cet auteur merveilleux qu’est Ousmane Diarra… Quand le Mali s’exprime c’est toute l’humanité qui vibre.

« La route des clameurs ». La première fois que j’entends ce titre, il sonne et, résonne au plus profond de mon âme comme une promesse inattendue. J’ai eu une terrible envie de le lire. Puis, j’ai l’occasion d’entendre l’auteur parler de façon très brève du fruit de « sa création». Sa simplicité, son érudition et son humilité finissent par me convaincre. Je me lance…

Pour faire simple, comme lui ; c’est au travers de la bouche d’un enfant que vous entamerez la route des clameurs : « Un matin, mon papa a fait apparaître un grand tableau vierge qu’il avait soigneusement caché dans la maison. Il connaît sa maison plus que quiconque au monde, mon papa. Il a donc sorti son tableau avec des pinceaux et des boîtes de peinture. Il s’est installé dans la rue, devant notre maison. Il s’est mis à crayonner, à peindre. Il avait presque les yeux fermés. Les gens qui passaient s’arrêtaient pour le regarder comme on regarde un animal sauvage au zoo, qui tourne en rond dans sa cage en fer, qui rugit en vain sa colère. Même moi qui suis son fils, je ne comprends rien à ce qu’il était en train de dessiner. Il a travaillé toute une journée ainsi. C’est à la nuit tombante que j’ai vu enfin surgir de ses pinceaux un vieux cochon… On est au Mali, dans un sanglant bouillon d’intolérance, sous la férule des islamistes conduits par le calife Mabu Maba dit Fieffé Ranson Kattar Ibn Ahmad Almorbidonne, et aux prises avec la férocité des gamins imams. Un artiste peintre, par ailleurs ancien condisciple du faux calife, est pris dans les nasses de l’obscurantisme. On détruit sa famille, on détruit son atelier, ses tableaux et ses sculptures partent en fumée. Seule lui reste encore sa tête pleine d’ironie pour tenir tête aux envahisseurs, inoubliable figure de notre époque plombée de fanatismes, père à la fierté frêle et ulcérée, artiste à l’humour ravageur, homme à la dignité désemparée et exemplaire… » C’est un enfant qui raconte.

« La route des clameurs » ou le roman d’une famille malienne face au Jihad. Pour en savoir plus, vous n’aurez pas d’autre choix que d’aller à la source. N’hésitez pas à revenir sur femmesaupluriel.com pour partager vos impressions à l’issue de votre lecture. Envoyez-moi vos avis, remarques et, demandes personnelles par e-mail : Aissatoukourouma21@gmail.com

Mais qui est donc Ousmane Diarra ?

C’est au Mali qu’il vient au monde en 1960 à Bassala. Comme tout « passionné précoce », il trouvait le moyen de dévorer des caisses d’ouvrages livrés par la Croix Rouge au fin fond de son village. Aujourd’hui, ce qui lui reste de cette période est précieux, lumineux et fort enrichissant : devenu adulte, à son tour ; il manie la plume et, les mots avec une rare dextérité. Amoureux de la littérature, il saura laisser libre cours à son penchant dans son premier livre intitulé « Vieux lézard ». C’est dans le deuxième « Pagne de femme » qu’il confirmera, définitivement, l’utilité de trainer dans des bibliothèques quel que soit son âge. Il y met la puissance de son verbe, celui qu’il s’est forgé depuis son enfance. L’histoire occupe une place tout aussi importante que la littérature dans sa vie. Il nous le montre habilement, toujours avec puissance et humilité. Nouvelliste, poète, conteur et romancier, Ousmane Diarra écrit également pour les enfants. Il a participé à de nombreuses animations « L’heure du conte » au CCF de Bamako, depuis 1994, mais aussi à travers le Mali, et même en France. Diplômé de l’Ecole normale supérieure de Bamako (Maîtrise de Lettres modernes), il a enseigné le Français pendant deux ans. Il est actuellement bibliothécaire au Centre culturel de Bamako. Au cours de ses nombreux déplacements, il échange dans le cadre d’ateliers d’écriture pour le plus grand bonheur des participants.

N’hésitez pas à revenir sur femmesaupluriel.com pour partager vos impressions à l’issue de votre lecture.

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Pagne de femme, roman, éditions Gallimard / Continents Noirs, 2007, (première sélection du Prix Renaudot 2007).

Vieux lézard, roman, Gallimard, 2006, (Bourse de la découverte Fondation Prince Pierre de Monaco 2006).

L’Avenue des lauriers, nouvelle, in Le Camp des Innocents, Lansman 2006 (collectif, sélection du Prix Williams Sassine).

La Côte d’Adam, nouvelle, in Nouvelles voix d’Afrique, Hoebecke, 2008.

Tous les moutons du monde, nouvelle, in Nouvelles du Mali, collectif, Editions Magellan, 2008, et Jamana, 1992.

Balbutiements et chants aux vents, poésie, Le Manuscrit, Monaco, 2002.

Les Ombres de la nuit, recueil de nouvelles, Le manuscrit, Monaco, 2002.

Pour les enfants :

La princesse capricieuse (livre-cassette suivi de clip vidéo), Bamako, Ed. Balanise, 2006.

Les jumeaux à la recherche de leur mère (livre-cassette suivi d’un clip vidéo), Bamako, Balani’s, 2005.

Contes croisés, recueil de contes réalisé avec Eric Chevillard et des écoles de Quétigny – Dijon, Centre régional du Livre (CRL) de Bourgogne, 2004.

Néné et la chenille, conte illustré, Bamako/Paris, Le Figuier/Edicef, 1999.

La longue marche des animaux assoiffés, conte illustré, Bamako, Le Figuier, 1996.[/morphy_button]

Photo Catherine Hélie © Éditions Gallimard


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