« L’Onu et le chagrin d’une négresse. Rwanda / RD Congo, 20 ans après » de Yolande Mukagasana

« L’Onu et le chagrin d’une négresse. Rwanda / RD Congo, 20 ans après » de Yolande Mukagasana

Mère Courage

A l’entendre parler, et à la sentir vibrer, lorsqu’elle prononce ses mots, tous soupesés malgré l’étincelle de la passion qui les habite, on s’interroge : comment a-t-elle pu, non pas survivre simplement, mais trouver l’énergie et la conviction de continuer à se battre pour que la justice soit faite et la vérité soit rétablie.

Ecrivaine rwandaise et rescapée du génocide de 1994 au Pays des mille collines -où elle a perdu ses trois enfants et son mari- Yolande Mukagasana est membre de la Commission nationale de lutte contre le génocide à Kigali. Elle a confié surtout à l’écriture la tâche de lui redonner de la force pour un témoignage qui ne se limite pas au souvenir de la tragédie, mais s’inscrit plutôt dans une quête irréductible : « Je nai pas accepté, je suis restée dans la révolte qui ma fait vivre et poursuivre mon combat dans le cheminement de la vérité ».

Auteure de La mort ne vient pas de moi (1997), Naie pas peur de savoir (1999) et Les blessures du silence (2002), elle revient avec LOnu et le chagrin dune négresse. Rwanda / RD Congo, 20 ans après. Ce texte est à la fois une analyse visionnaire et une invective courageuse de la mémoire indomptable.

Il est aussi une critique explicite, argumentée, des institutions internationales et des grandes puissances, dont l’attitude a permis à l’époque la réalisation du crime des crimes. Et elles consentent aujourd’hui à la poursuite de l’œuvre de déstabilisation de la part des mêmes forces qui avaient ourdi le plan d’extermination.

Un ouvrage rédigé avec un style au lyrisme poignant, irrigué d’une sérénité presque céleste, qui accompagne une douleur inépuisable, indicible, et une détermination farouche.

Le verbe, acéré, s’insurge dans la dénonciation implacable et se décline dans l’évocation poétique et le songe du dépassement.

 

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