Emma Theophilus, la plus jeune ministre d’Afrique

La Namibie, ce pays d’Afrique Australe a fait la leçon à plusieurs pays africains où les jeunes ne sont pas associés à la gestion des affaires de la cité. La nomination d’Emma Theophilus par le président Hage Geingob au poste de ministre adjoint de l’information et de la technologie (ndlr : le 23 mars) est un signal fort lancé par le président namibien. Une nomination qui n’a pas été exempte de tout reproche. Tout de même, elle intervient au moment où la jeunesse namibienne réclamait de nouveaux visages, plus jeunes dans les structures étatiques du pays, et qui sont entre les mains des personnes âgées, parfois retraitées. 

Theofilus était employée comme juriste au ministère de la justice où elle s’occupait de la rédaction de rapports sur les droits de l’homme ainsi que de la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de droits de l’homme, entre autres. 

Ce fut un véritable coup de théâtre. Emma Theophilus, cette jeune fille à la mine juvénile est nommée vice-ministre des technologies de l’information et de la communication au Namibie. Âgée de 23 ans seulement, elle devient donc la plus jeune ministre du continent. Elle est titulaire d’un Bachelor en Droit (avec mention) de l’université de Namibie et d’un diplôme en féminisme africain et études de genre de l’université d’Afrique du Sud. Theofilus faisait partie de la liste des huit membres sans droit de vote du président Geingob. En dehors de ses études poussées qui justifient sa nomination, elle est décrite comme une jeune militante et dirigeante “très compétente” et engagée. Le commentateur politique, Graham Hopwood, estime qu’elle était “idéalement placée pour un rôle de premier plan au ministère de la jeunesse”, bientôt. 

Selon certaines indiscrétions, Theofilus a été informée de sa nomination par un appel téléphonique. 

Je ne pense pas être spéciale, mais je ne pense pas être inexpérimentée, et je ne pense pas qu’être jeune ou femme ait quelque chose à voir avec ma nomination. Tout ce que je me fixe et tout environnement dans lequel je veux travailler, je peux le faire ; la question de l’inexpérience ne tient donc pas la route“, a réagi Theofilus, rapportée par le journal The Namibian après sa nomination. Une réaction qui apporte la réplique à ses détracteurs qui évoquent un manque d’expérience. Une certaine ancienne élite du pays se montre dubitative par rapport à ses capacités et compétences à gérer ce portefeuille. Mais elle rassure qu’elle est prête à relever le défi. 

Depuis l’annonce de sa nomination, elle est donnée en exemple aux jeunes du pays. “Je suis enthousiaste. On me dit que je vais servir de référence pour les jeunes. J’accepte ce défi comme j’ai accepté d’autres rôles de leadership. C’est un territoire et un espace politique inexplorés, mais je suis prête à relever le défi“, a-t-elle ajouté dans une autre interview. Emma Theophilus garde toute de même la tête sur les épaules parce que consciente du défi à relever d’abord, pour conforter le choix du président Hage Geingob ensuite faire taire à la vieille classe politique qui conteste sa nomination et enfin prouver que les jeunes ont leur place dans les instances de décision. 

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