NASA : hommage à la physicienne noire Mary Jackson

Même s’il est encore rare de voir des femmes noires évoluer dans le domaine de l’aéronautique, certaines figures féminines noires ont, toutefois, participé à des travaux qui ont aidé l’emblématique NASA (National Aeronautics and Space Administration) à envoyer des astronautes américains dans l’espace. Clin d’œil de l’Histoire, c’est le 25 juin dernier, en pleine période de manifestations contre le racisme et les violences policières aux Etats-Unis, que la NASA a décidé de rendre hommage à la  mathématicienne et ingénieure noire Mary Jackson.  Le siège à Washington de la mythique agence américaine va désormais porter le nom de cette grande spécialiste en aérospatiale qui fut la première ingénieure aéronautique noire de la NASA. Mary Jackson est également l’auteure de nombreuses études, notamment sur les vols supersoniques.

Mary Jackson au travail à la NASA Langley

Née le 9 avril 1921 à Hampton, la jeune Mary Winston a grandi dans cette ville de l’Etat de Virginie où elle mènera de brillantes études secondaires. Malgré l’excellence de ses résultats, elle doit demander à la ville une autorisation pour suivre les cours dispensés au lycée d’Hampton, alors réservé aux Blancs. 

Mary Jackson y sera, admise, et en 1942, en pleine période de ségrégation raciale, elle décroche sa licence en mathématiques et en sciences physiques. Parallèlement à ses études, la jeune femme a travaillé comme professeure de mathématiques, réceptionniste ou encore bibliothécaire au département de santé de l’université de Hampton. En 1958, elle devient la première femme noire ingénieure  recrutée par la NASA. Cette même année-là, elle publie les premiers résultats de ses recherches intitulés Effects of Nose Angle and Mach Number on Transition on Cones at Supersonic Speeds. Mary Jackson est également l’auteure d’études et d’analyses sur les données d’expériences de soufflerie et d’expériences de vol à vitesse supersonique. Ces études avaient pour objectif d’analyser les efforts aérodynamiques comme la poussée ou la traînée. Elle a écrit et coécrit 12 articles techniques pour le NACA (National Advisory Committee for Aeronautics) et la NASA. Plusieurs années plus tard, elle sera promue et travaillera avec les officiers mécaniciens navigants.

En parallèle, Mary Jackson a aidé les femmes et les minorités à avancer dans leur carrière en leur conseillant quoi étudier pour passer facilement de mathématicienne à ingénieure, se servant de sa propre expérience comme exemple. Après 34 ans passés à la NASA, Mary Jackson a atteint le plus haut grade d’ingénieure auquel il lui était possible d’accéder, sans pour autant occuper un poste de direction.  Fidèle à ses convictions, elle ira jusqu’à accepter une diminution de salaire pour se réorienter dans l’administration et l’égalité des chances. Après un passage à Langley (le QG de la CIA) où elle a travaillé pour faire changer les choses et mettre en valeur les femmes et les minorités qui excellent dans leur domaine, elle revient à la NASA en tant que manager responsable du programme pour les femmes auprès du bureau d’égalité des chances. Elle y demeurera jusqu’à sa retraite en 1985. 

Décédée le 11 février 2005, à l’âge de 83 ans,  dans sa ville natale de Hampton, Mary Jackson a reçu, le 11 août 2019, à titre posthume, la médaille d’or du Congrès, plus haute distinction civile décernée par le Congrès des Etats-Unis.

Jim Bridenstinepatron de l’agence spatiale s’est engagé à continuer à souligner les efforts de femmes, d’afro-américains et de personnes de tous horizons qui ont permis à la NASA d’écrire une histoire d’explorations réussies. Ce geste rejoint une dynamique des grandes sociétés américaines à revaloriser le travail des personnes noires peu connues du grand public jusque-là. Les entreprises et institutions américaines comme Apple ou encore Google, se sont plongées dans une vaste introspection sur la place faite à la population afro-américaine dans la société et le racisme systémique qui la frappe et perpétue les inégalités. 

Rappelons que l’année dernière, la NASA avait déjà rebaptisé la rue desservant son siège Hidden Figures Way (Passage des Figures de l’ombre) en l’honneur de trois mathématiciennes noires dont Mary Jackson, Katherine Johnson, Dorothy Vaughan. Le travail de ces hommes et femmes s’est avéré précieux dans la conquête spatiale américaine.

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