Que peut-on retenir de la Cop27 pour l’Afrique ?

La Conférence mondiale des Nations Unies sur les changements climatiques, la Cop27, qui s’est tenue à Charm el-Cheikh en Egypte, a joué les prolongations pour obtenir, le 19 novembre, des accords a minima qui ont laissé de nombreux participants sur leur faim.

Le Président du Botswana, Mokgweetsi Masisi interviewé par Renée MENDY

La COP africaine ? 

Cette année la Cop a été désignée comme la Cop de l’Afrique. Les espoirs étaient presqu’aussi grands que l’urgence climatique et les nombreuses questions qui en découlaient. 

Pendant 14 jours sous le Pavillon Afrique, situé en zone bleu et initié par l’Union africaine et la Banque Africaine du Développement a eu lieu des débats intenses. Le superbe espace de près de 300 m2 a accueilli des panels de très haut vol. Président de la BAD, Chefs d’Etats, ministres et délégués distingués s’y sont retrouvés pour comprendre, apporter des solutions et surtout parler d’une seule voix en faveur de l’Afrique, grande victime des changements climatiques, alors qu’elle est responsable de moins de 4% des émissions de gaz à effet de serre. 

Ce Pavillon a été le seul, de cette grand-messe climatique à avoir son propre studio télé, hautement technologique, avec trois caméras, et une lumière impeccable. Des hommes et des femmes experts en la matière ont été interviewés pour échanger sur cette problématique.

Leur expertise permet de comprendre tant de choses. L’occasion de saisir cette problématique pour en connaître davantage. Chaque panel et chaque entretien ont permis une meilleure perception des enjeux climatiques et environnementaux qui soulèvent l’alarmisme des militants. Et surtout de très jeunes activistes, de 12 à 16 ans présents à l’évènement. Leur passion pour notre planète, leur motivation et leur détermination à vivre sur une terre meilleure force l’admiration. 

Un accord sur les pertes et dommages très attendu

C’est l’une des plus grandes et rares victoires de la Cop27. Désormais, les pays riches vont devoir compenser les dégâts causés par le changement climatique encaissés par les pays plus pauvres, qui sont aussi les premières victimes de ce dérèglement.

Cela a été l’une des nombreuses pommes de discorde de cette Cop. Et elle a entrainé un bras de fer entre les pays du Nord et du Sud. L’accord a bien failli ne pas aboutir. Mais les pays africains et asiatiques les plus confrontés aux effets du changement climatique ont fait le déplacement en nombre et ont parlé d’une seule voix.

Le 1,5°C remis en question 

Un autre débat n’a cessé de polluer cette Cop27. Celui de la limitation du réchauffement climatique sous la barre des 1,5°C. Pourtant décidé lors de la Cop21 à Paris en 2015, cet objectif ambitieux s’est vu plusieurs fois contesté tout au long des débats.

Selon les scientifiques, les engagements des pays signataires ne permettent pas de respecter cet objectif. Ni même de juguler le réchauffement climatique sous la barre des 2°C. En suivant les mesures prises actuellement par les Etats, on s’est plutôt dirigé vers une augmentation au mieux de +2,4°C d’ici la fin du siècle et dans le pire des scénarios à une augmentation catastrophique de 2,8°C. Or, les impacts du réchauffement climatiques se multiplient déjà à l’heure actuelle, avec une hausse de 1,2°C.

Quid des énergies fossiles ?

Les énergies fossiles ont été à peine mentionnées dans les négociations. Pourtant à l’origine du réchauffement climatique, elles ne sont quasiment pas présentes dans le texte final.

Un nombre croissant de pays ont signifié en Égypte leur ambition d’abandonner les énergies fossiles en ajoutant ainsi le gaz et le pétrole au charbon déjà visé par Glasgow. Cette volonté ne se retrouve pas dans le texte final. Cela désole Greenpeace. Celui-ci pointe la responsabilité des Etats pétroliers et de l’armée de lobbyistes des énergies fossiles.« C’est aberrant. Si nous n’abandonnons pas rapidement toutes les énergies fossiles, nous dépasserons le seuil critique de 1,5 degré et aucune somme d’argent ne pourra couvrir le coût des pertes et des préjudices de la crise climatique. »

Il reste encore beaucoup à faire pour sauver notre planète

Comme beaucoup, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, regrette le manque d’ambition de la Cop27, notamment sur la réduction des gaz à effet de serre. « Nous devons drastiquement réduire les émissions maintenant, et c’est une question à laquelle cette Cop27 n’a pas répondu ». Et il n’est pas le seul à avoir ce regret. Pour autant, la Cop27, a au moins le mérite de mettre les pollueurs face à leur responsabilités. Car ce grand rassemblement international est la matérialisation de la mauvaise conscience de l’humanité face à la dégradation de notre planète. Loin d’être inutiles, les COP sont l’occasion pour les pays où les mouvements écologiques sont de plus en plus puissants, de fournir forces, cohésions, et arguments nécessaires à leur combat. Des experts et scientifiques présents, ont aussi soufflé un vent positif du côté du continent. En effet, si l’Afrique est la grande victime du dérèglement climatique, elle est aussi LA solution. Pour être auto suffisante, et même nourrir le monde, elle doit développer les technologies pour valoriser ses énergies renouvelables. L’Afrique a tout : de gigantesques forêts, la plus grande exposition au soleil et aux vents. Le riche potentiel de son économie verte ne demande qu’à être exploité.

Afrique, BAD, changements climatiques, Cop27


Renée Mendy

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