Fati Niang, fondatrice de Black Spoon : « Il n’y a pas de barrières, il n’y a pas de limites, il n’y a que du travail ! »

Comme le virevoltant poisson qui se défait des filets pour rejoindre la marre, Fati Niang a laissé tomber une riche carrière de chargée d’affaires Grands comptes pour entreprendre. Inspirée par ses jeunes patrons, elle se fraye un chemin et lance le projet Black Spoon. Portée sur les fonts baptismaux en France, cette initiative étend ses tentacules en Afrique, particulièrement au Sénégal. Actuellement, elle travaille à développer Black Spoon au niveau international. Ce projet qui est initialement le premier food truck en France, depuis six mois, est un concept de restauration rapide qui met en exergue les saveurs africaines. Dotée d’une polyvalence inouïe dans différentes tâches administratives, Fati Niang avance sereinement vers les objectifs fixés. 

Pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Femmes au pluriel ?

Je suis Fati Niang, fondatrice du concept Black spoon, premier food truck en France. C’est un concept de restauration rapide où les gens viennent découvrir dans notre point de vente des mets africains.  Sur le plan personnel, j’ai un parcours assez simple : titulaire d’un BTS en Action commerciale, je suis née, j’ai grandi et j’ai fait mes études en France. J’ai commencé ma carrière professionnelle dans une société de conseil en aménagement intérieur de bureau. Après dix ans d’une expérience extraordinaire, j’ai démissionné pour m’installer à mon propre compte.

 

Comment vous est venue l’idée de Black Spoon ?

C’est quand j’ai eu ma deuxième fille, je voulais être de plus en plus autonome. Au début, j’ai été tentée de créer un restaurant, mais je n’avais pas les capacités ni la formation.  Et c’est justement en faisant cette formation que j’ai découvert le concept des food truck. Du coup je l’ai adopté et adapté, et cela a donné Black Spoon, un concept qui met en avant la culture et la gastronomie africaines

 

 

La gastronomie est-elle votre domaine de prédilection ? 

Pas spécialement, même si elle fait partie des domaines qui m’intéressent.  Tout est parti du constat que la gastronomie africaine n’était pas assez mise en valeur en Europe. J’ai donc eu envie que notre cuisine prenne toute sa place en Occident : notre cuisine a du goût, de la richesse, et je voulais qu’au même titre que les autres, la cuisine africaine soit véritablement reconnue. D’où le concept Black Spoon.

Pour y parvenir, je me suis beaucoup intéressée à la partie amont, c’est-à-dire l’agriculture. Je suis très sensible à la qualité des produits, à une alimentation saine et naturelle. Et je pense que c’est une chance extraordinaire pour nous, au Sénégal, de disposer de produits à la fois de qualité et sains pour l’organisme.

 

Ce projet connait un franc succès. Quel est votre secret ?

Black Spoon a tout de suite eu un grand succès en France lors du démarrage. C’était un projet assez innovent, atypique et qui, curieusement, a tout de suite plu aussi bien aux Africains qu’aux Européens… Le secret, c’est beaucoup de travail ! Mais c’est vrai que le projet a été murement réfléchi en amont. Je crois que d’avoir beaucoup misé sur la communication et le marketing a aussi aidé.

 

 

Des projets ?

En dépit des difficultés, notamment pour lever des financements, nous nous projetons avec optimisme et détermination.  Nous voulons nous développer aussi bien en France que dans d’autres pays en Afrique, et même dans d’autres continents.  

 

 

Votre message à l’endroit des femmes du monde entier…

J’ai envie de leur dire : n’ayez pas peur, suivez vos rêves, donnez-vous à 1000 % pour réaliser vos rêves !  Il n’y a pas de barrières, pas de limites… Il n’y a que le travail qui paye.  En fait, si vous mettez les moyens, vous y arriverez peu importe le temps. Ça peut prendre deux, trois, cinq ans… Je vous souhaite du courage, ce n’est pas évident d’être femme et entrepreneur parce qu’il faut réussir à allier le travail et la vie familiale, ce n’est pas facile, certes, mais c’est juste une question d’organisation.

 

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Elle raconte les success stories africaines

Hortense Penda, journaliste, productrice et présentatrice de l’émission télévisuelle MBENGUÈ-The success stories diffusée sur la CRTV et sur sa chaîne YouTube a bien voulu répondre à nos questions. Aujourd’hui, jour de son anniversaire, nous avons voulu mettre en lumière celle qui, depuis des années, met le parcours des autres en avant. Happy Birthday to a lovely lady !

Pourquoi avez-vous choisi de produire votre propre émission ?

J’ai choisi de produire mon émission pour être indépendante. C’est vrai qu’on a toujours besoin du soutien des annonceurs car la production coûte chère. Mais je préfère être ma propre productrice pour mieux gérer mon émission, surtout que je suis également la conceptrice.

 

 

Justement, le concept de votre émission consiste à mettre en avant des parcours exemplaires. Lequel de ces parcours avez-vous trouvé le plus inspirant et pourquoi ?

Oui, mon émission télévisuelle MBENGUÈ-The success stories est la vitrine des réussites de la Diaspora Africaine et Caribéenne. Elle est également axée sur les porteurs de projets pour l’Afrique. Pour moi toutes les personnalités que j’ai déjà reçues ont des parcours inspirants car c’est justement sur ce fait que je me base pour recevoir mes invités. Je prends le temps de me renseigner sur leurs parcours professionnels parce ils et elles doivent êtres des références pour les jeunes. Je citerai en premier la journaliste Denise Epoté, une de mes références sur le plan professionnel. Également la star internationale, Manu Dibango. Il a surmonté des obstacles, ses parents ne voulaient pas qu’il fasse de la musique mais, il s’est accroché il a cru en lui et en sa passion, résultat il a été reconnu et très apprécié sur le plan international. Paix à son âme. C’était un grand monsieur. Je vous invite à retrouver les vidéos de nos entretiens sur ma chaîne YouTube. 

 

Si vous aviez une baguette magique, qu’ auriez-vous aimé changer dans le monde et dans votre propre vie?

Si j’avais une baguette magique, dans le monde j’aimerais changer l’injustice. Dans ma vie, ce serait de ressuscité mon père, il est décédé très jeûne à l’âge de 50 ans seulement. J’aurai aimé qu’il soit vivant pour voir ce que je fais. Néanmoins j’espère qu’il est fier de moi là-haut. 

 

 

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Pape Diouf : une icône olympienne s’est éteinte !

Après avoir endeuillé le monde de la musique africaine, la grande faucheuse avec lame du COVID-19 arrache à l’affection des sportifs l’ancien président de l’Olympique de Marseille (2005-2009), Pape Diouf.  Sous assistance respiratoire depuis samedi 28 mars 2020 à Dakar, à l’hôpital Fann, le Franco-Sénégalais a rendu l’âme, à l’âge de 68 ans, ce mardi 31 à Dakar. Il devient ainsi le premier cas de décès causé par le coronavirus, enregistré par le Sénégal.  

Juste un coup d’œil sur les réseaux sociaux donne un aperçu sur la dimension de l’homme qui a quitté ce bas monde. Jean Luc Mélenchon, le Paris Saint Germain, Habib Beye, Youssou Ndour, entre autres personnalités ont tous rendu hommage au défunt agent de plusieurs footballeurs africains. Une disparition qui a pris au dépourvu le monde entier car sa contamination n’a pas été médiatisée. En annonçant que deux patients étaient sous assistance respiratoire, lors de son communiqué quotidien, très peu étaient ceux qui savaient que Pape Diouf était l’un d’eux, car le ministre de la santé du Sénégal s’est fait l’économie des détails les concernant en dehors du fait « qu’ils ont des âges avancés ». Sa contamination sera révélée à l’opinion internationale quelques heures avant son décès, où son rapatriement imminent en France était évoqué, vu l’état critique de sa santé. Par malheur, l’aéronef n’a pas pu décoller, il s’éteint avant son évacuation. 

Une grosse perte pour le monde du football. L’homme qui a frayé le chemin à beaucoup de jeunes africains en France : Alassane Ndour, Didier Drogba, Marcel Desailly, Basile Boli, etc. tourne le dos à jamais à ce sport qu’il aimait tant. 

Le natif d’Abéché (Tchad), le 18 décembre 1951 a marqué l’histoire du football français. Mababa Diouf à l’état civil, après son arrivée en France, à peine majeur, il travaille aux PTT (Postes, Télégraphes et Téléphones) avant d’intégrer le journal La Marseillaise comme journaliste pigiste. Brillant rédacteur, il est embauché à plein temps et devient le journaliste spécialisé de l’Olympique de Marseille. Le début d’une relation amoureuse entre Pape Diouf et le club Olympien. Du manager général du club en charge des affaires sportives en 2004, il devient président du directoire de l’Olympique de Marseille à l’automne de la même année. Sous sa présidence, le club multiplie les bonnes performances en France et en Europe. Un franc succès qui fait qu’il est adoubé par les supporters du club Olympien. C’est pour cela quand il a été débarqué, le 17 juin 2009, ils ont réclamé son retour en vain. Il est devenu par la suite consultant de plusieurs médias français, dont Le Monde et Canal+. Il a travaillé pour le très suivi magazine « Talents d’Afrique » de Canal+.

Au Sénégal où il venait régulièrement, il a souvent joué le rôle de facilitateur entre l’équipe nationale et les différents sélectionneurs. L’ancien ministre des sports sous le président Abdou Diouf, Abdoulaye Makhtar Diop a rappelé le rôle essentiel qu’il a joué sur la venue de Claude le Roy et de Bruno Metsu sur le banc Sénégalais. Il était également une voix autorisée du foot Sénégalais, parce que connaissant les joueurs. 

Ainsi donc le départ de la première victime du COVID-19 au Sénégal est perçu comme un électrochoc pour certains qui doutent toujours de la dangerosité de cette maladie qui gagne du terrain dans ce pays. A la date du 31 mars, le Sénégal totalise 175 cas déclarés positifs, dont 40 guéris, 134 sous traitement et 01 décès.    

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Emma Theophilus, la plus jeune ministre d’Afrique

La Namibie, ce pays d’Afrique Australe a fait la leçon à plusieurs pays africains où les jeunes ne sont pas associés à la gestion des affaires de la cité. La nomination d’Emma Theophilus par le président Hage Geingob au poste de ministre adjoint de l’information et de la technologie (ndlr : le 23 mars) est un signal fort lancé par le président namibien. Une nomination qui n’a pas été exempte de tout reproche. Tout de même, elle intervient au moment où la jeunesse namibienne réclamait de nouveaux visages, plus jeunes dans les structures étatiques du pays, et qui sont entre les mains des personnes âgées, parfois retraitées. 

Theofilus était employée comme juriste au ministère de la justice où elle s’occupait de la rédaction de rapports sur les droits de l’homme ainsi que de la mise en œuvre de la stratégie nationale en matière de droits de l’homme, entre autres. 

Ce fut un véritable coup de théâtre. Emma Theophilus, cette jeune fille à la mine juvénile est nommée vice-ministre des technologies de l’information et de la communication au Namibie. Âgée de 23 ans seulement, elle devient donc la plus jeune ministre du continent. Elle est titulaire d’un Bachelor en Droit (avec mention) de l’université de Namibie et d’un diplôme en féminisme africain et études de genre de l’université d’Afrique du Sud. Theofilus faisait partie de la liste des huit membres sans droit de vote du président Geingob. En dehors de ses études poussées qui justifient sa nomination, elle est décrite comme une jeune militante et dirigeante “très compétente” et engagée. Le commentateur politique, Graham Hopwood, estime qu’elle était “idéalement placée pour un rôle de premier plan au ministère de la jeunesse”, bientôt. 

Selon certaines indiscrétions, Theofilus a été informée de sa nomination par un appel téléphonique. 

Je ne pense pas être spéciale, mais je ne pense pas être inexpérimentée, et je ne pense pas qu’être jeune ou femme ait quelque chose à voir avec ma nomination. Tout ce que je me fixe et tout environnement dans lequel je veux travailler, je peux le faire ; la question de l’inexpérience ne tient donc pas la route“, a réagi Theofilus, rapportée par le journal The Namibian après sa nomination. Une réaction qui apporte la réplique à ses détracteurs qui évoquent un manque d’expérience. Une certaine ancienne élite du pays se montre dubitative par rapport à ses capacités et compétences à gérer ce portefeuille. Mais elle rassure qu’elle est prête à relever le défi. 

Depuis l’annonce de sa nomination, elle est donnée en exemple aux jeunes du pays. “Je suis enthousiaste. On me dit que je vais servir de référence pour les jeunes. J’accepte ce défi comme j’ai accepté d’autres rôles de leadership. C’est un territoire et un espace politique inexplorés, mais je suis prête à relever le défi“, a-t-elle ajouté dans une autre interview. Emma Theophilus garde toute de même la tête sur les épaules parce que consciente du défi à relever d’abord, pour conforter le choix du président Hage Geingob ensuite faire taire à la vieille classe politique qui conteste sa nomination et enfin prouver que les jeunes ont leur place dans les instances de décision. 

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Manu Dibango : la légende tire sa révérence

« Chers parents, chers amis, chers fans, Une voix s’élève au lointain… C’est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre Papy Groove, survenue le 24 mars 2020 à l’âge de 86 ans, des suites du covid 19. Les obsèques auront lieu dans la stricte intimité familiale, et un hommage lui sera rendu ultérieurement dès que possible », voici le post qui a fait tressaillir d’émotion la twittosphère, en ce matin du 24 mars. Le mythique saxophoniste camerounais a perdu son combat contre le COVID-19

Une légende s’effondre ! Celui que l’on surnommait affectueusement Papagroove a « construit des ponts entre les cultures », grâce à une synthèse originale des musiques africaines et occidentales.  Dans une interview accordée au magazine BlackMen, en 1999, il rappelait la singularité de son itinéraire. Arrivé en France à quinze ans pour étudier, il en profite pour apprendre la musique, le piano classique et le saxophone. De 1961 à 1965, Manu joue avec Jeff Kabasélé et son célèbre African-Jazz du Congo Kinshasa. Manu a connu les plus grandes vedettes et tous les éloges y compris celui d’avoir de son vivant une maison de la jeunesse et de la culture qui porte son nom. 

Faisant preuve d’une audace artistique hors pair, Manu Dibango a fusionné avec bonheur le Jazz, le funk et des sonorités traditionnelles africaines. De cette géniale alchimie est née la célèbre chanson Soul Makossa en 1972. Après une carrière qui s’étend sur plus de six décennies, jalonnée de succès et en collaboration avec beaucoup de musiciens, l’immortel Manu tire sa révérence à l’âge de 86 ans, emporté par le virus Covid-19. Mais il laisse à la postérité un très riche héritage culturel et musical. C’est pour cette raison que l’annonce de son décès a provoqué une cascade de réactions qui rivalisent d’émotions et de regrets. Angelique Kidjo a pleuré « un géant original de la musique africaine et un bel être humain ». Youssou Ndour quant à lui regrette le départ d’un grand-frère, qui était une fierté pour le Cameroun et pour toute l’Afrique. “C’était un guide pour nous tous”, a confié le Chanteur Yannick Noah sur BFMTV, entre autres témoignages. A cause du Coronavirus, les Obsèques seront sobres, mais la famille annonce un hommage digne de son rang ultérieurement… Chapeau l’artiste !

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Crédit : BBC News Afrique, Voix : Olivier Weber

Manu Dibango légende du-saxophone a succombé au coronavirus
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Ces Africaines aux plumes influentes

Leurs plumes ont produit des écrits indélébiles dans l’histoire africaine. Elles sont innombrables ces dames qui ont fait l’exaltation de leurs sentiments ou défendre des causes à travers les mots. Avec des styles différents, elles ont aidé la littérature africaine notamment féminine à s’imposer et à gagner ses lettres de noblesse. Aminata Sow Fall, Calixth Beyala, Mariama Ba, Chimamanda Ngozi Adichie, entre autres écrivaines occupent le devant de la scène littéraire. Voici quatre Femmes au pluriel , à la plume pointue, à (re)découvrir.

Mariama Ba

Elle doit une grande partie de sa notoriété à son chef d’œuvre, Une si longue lettre. Une œuvre inscrite au programme des collégiens. Mariama Ba fait partie des pionnières de la littérature sénégalaise. Née en 1929, dans une famille aisée, ses écrits dénoncent les tares de la société africaine particulièrement sénégalaise. Elle fait partie des premières à croire et à porter le combat de la question de l’inégalité entre les hommes et les femmes. Elle obtient le Prix Noma de publication en Afrique à la Foire du livre de Francfort en 1980. Aujourd’hui la maison d’éducation des jeunes filles située à Gorée porte son nom. Elle quitta ce bas monde peu après un cancer, avant la parution de son deuxième roman, Un chant écarlate, qui raconte l’échec d’un mariage mixte entre un Sénégalais et une Française, du fait de l’égoïsme de l’époux et des différences culturelles.

Aminata Sow Fall

Née le 27 avril 1941 à Saint-Louis, Aminata Sow Fall est une romancière de nationalité sénégalaise. Elle est aussi une pionnière de la littérature africaine francophone. Après des études sur l’entreprenariat en France, et une licence de lettres modernes. Dès son retour, elle exerce comme enseignante dans plusieurs établissements scolaires : à Rufisque et à Dakar. La publication de son œuvre La grève des Battu en 1979-1980 lance sa carrière de romancière. Ce roman est adapté au cinéma pour le film intitulé Bàttu, réalisé par le cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko et sorti en 2000. Actuellement, la romancière anime beaucoup de conférences à l’intérieur du pays et à l’étranger. Elle est interpellée sur des thèmes sociaux qu’elle a largement abordés dans ses écrits. Le Revenant est aussi un ouvrage qui a connu beaucoup de succès. Elle est Lauréate du Grand prix littéraire d’Afrique noire pour La Grève des bàttu (1980), Prix international pour les lettres africaines pour L’Appel des arènes (1982)    et d’autres distinctions… 

Calixth Beyala

 Originaire d’une famille noble du Cameroun, Calixthe Beyala est née en 1961 à Douala au Cameroun.Elle critique la sous-représentation des minorités visibles dans le paysage audiovisuel français. En dehors de la littérature, elle s’est souvent montrée engagée. Ses prises de positions controversées ont été à l’origine des critiques et réprobations. D’abord en faveur de Kadhafi ensuite Laurent Gbagbo. Ce dernier avait été déclaré perdant par les Nations unies de l’Élection présidentielle ivoirienne de 2010. En 1987, elle publie son premier roman, C’est le soleil qui m’a brûlée. En 1994, elle obtient le grand prix littéraire d’Afrique noire pour Maman a un amant ; en 1996, le grand prix du roman de l’Académie française pour Les Honneurs perdus et en 1998, le grand prix de l’Unicef pour La Petite Fille du réverbère. Elle milite auprès de nombreuses associations pour la reconnaissance des minorités, le développement de la francophonie et la lutte contre le sida.

Chimamanda Ngozi Adichie

Chimamanda Ngozi Adichie

Elle vient d’Abba dans l’État d’Anambra, au sud-est du Nigeria, Chimamanda Ngozi Adichie est née le 15 septembre 1977. L’écrivaine nigériane publie un recueil de poèmes en 1997 (Décisionset une pièce de théâtre en 1998 (For Love of Biafra). Elle est nominée pour le prix Caine pour sa nouvelle You in America et sa nouvelle That Harmattan Morning obtient le Prix de la Nouvelle du BBC World Service.

Le 11 mai 2017 à 18h, elle est élue à l’Académie américaine des arts et des sciences, l’un des plus grands honneurs intellectuels aux États-Unis. Elle y reçoit un doctorat honorifique en lettres humaines.

Sa carrière en littérature prend son envol avec la publication en 2003 de L’Hibiscus pourpre (Purple Hibiscus), roman d’initiation où un frère et une sœur finissent par retrouver leur voix. Loué par la critique, ce premier roman est nominé au Baileys Women’s Prize for Fiction en 2004 est proclamé Meilleur premier livre du prix littéraire Commonwealth Writers’ Prize en 2005. Elle a créé le projet “wear Nigerian” sur Instagram, pour inciter les Nigérians à porter des vêtements produits localement. 

Sur cette liste on pourrait ajourer : Fatou Diome, Leonora Miano… Le constat est quasiment le même, elles ne se limitent pas à écrire, elles prennent des positions et participent à des combats pour de bonnes causes.

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Sénégal – Bajénu Gox ces médiatrices communautaires devenues incontournables

Elles sont présentes dans presque tous les quartiers des banlieues sénégalaises, ces dames qui jouent le rôle de relais auprès de l’Etat et des ONG, quand il y a une communication pour un changement de comportement à faire passer. Communément appelées Bajenu Gox qui veut dire la tante du quartier, elles sont devenues incontournables dans les politiques de sensibilisation. 

Une légitimité naturelle

 « Je n’ai jamais réclamé ce titre, je me rappelle un jour, une amie m’avait mis en rapport avec une dame qui travaille avec une ONG sur la santé de reproduction des jeunes filles. J’ai travaillé avec eux sur la sensibilisation et les causeries… et depuis, dans le quartier on m’appelle Bajenu Gox parce qu’après j’ai continué à jouer le rôle de relais pour d’autres personnes ou structures », nous a confié mère Astou, Bajenu gox à Guédiawaye, dans la banlieue Dakaroise. Ce qui veut dire que pour la plupart du temps, le choix s’opère de façon naturelle. Mais tel n’est pas le cas dans toutes les localités, car il arrive que des promoteurs les réclament dans des quartiers où elles sont absentes. Dans ce cas, les femmes se concertent et désignent celle qui portera cette casquette. 

Des médiatrices communautaires 

À l’instar des chefs de quartier ou chefs de village, elles sont souvent sollicitées pour le règlement des conflits familiaux. « Je peux dire qu’actuellement, c’est ce qui constitue l’essence de mon travail. Il ne se passe pas une semaine sans que je ne sois interpellée pour une brouille entre voisins », indique toujours notre interlocutrice. Ces dames facilitent aux chefs de quartiers leur travail, d’une part, d’autre part, cette prérogative est à l’origine de confusions entre ces deux responsables communautaires. Elles sont accusées parfois de se mêler des problèmes qui ne les concernent pas, surtout les différends provenant des couples. 

Une responsabilité différemment exercée

Si les unes outrepassent la fonction primaire de cette responsabilité, les autres se limitent strictement à la sensibilisation et la communication. C’est selon la carrure de la femme et ses relations avec les riverains. Il n’est pas donné à toute personne d’avoir les arguments pour régler certains problèmes délicats ou bien avoir la confiance des autres au point d’intervenir dans leur intimité. Ce qui renvoie au choix de ces bajenu gox. Elles sont obligées d’être en bon terme avec tout le monde pour un bon accomplissement des tâches qui leur sont assignées. Selon notre interlocutrice, dans certains quartiers, le travail se fait facilement dans la mesure où il y a une forte adhésion de la masse féminine, autrement dit, les associations ou mouvements des femmes sont très actives et n’attendent pas pour s’investir. 

Des domaines d’intervention divers

Des tout-petits en passant par les adolescents jusqu’au troisième âge, elles interviennent… Il n’y a pas de tranche d’âge exclue pourvu que cela concerne la famille, elles entrent en jeu pour aider les autres à avoir une meilleure compréhension du projet ou programme. Elles font leur travail gratuitement. Elles se satisfont des per diem et gratifications perçues rarement dans certaines activités. 

La prépondérance du rôle de ces bajenu Gox est à demander aux autorités qui inscrivent maintenant leur nom sur tous les projets. Les programmes de vaccination, la planification familiale, l’usage des moustiquaires imprégnées entre autres initiatives doivent une partie de leur réussite à ces dames. 

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Stency une influenceuse en devenir

Dans notre série sur les influenceuses nous vous proposons d’aller à la rencontre de la jolie et talentueuse Stency, 15 ans. Passionnée de danse et lumineuse, elle rêve d’en faire son métier mais aussi de faire le tour du monde ! 

« Je m’appelle Stency j’ai 15 ans et je suis d’origine cap verdienne réunionnaise. Si je devais me présenter ou me décrire en quelques mots je dirais que je suis quelqu’un de bienveillant. Je suis toujours là pour mon prochain : j’aime beaucoup venir en aide et conseiller. Je suis très gentille, parfois peut- être trop. Du coup je m’investis souvent trop, sans rien avoir en retour. Je suis quelqu’un qui garde toujours le sourire peu importe les situations ! J’essaie de garder la tête haute et d’aller de l’avant ! Côté défauts, je suis très impatiente et je déteste attendre. Attendre un train ne serait-ce que 7 minutes me stresse ! En revanche écouter une personne en détresse ou qui a besoin de parler ne me dérangerait pas….

La personne que j’admire ? Ma mère : c’est bien l’une des seules personnes que j’admire ! Malgré toutes les difficultés par lesquelles elle est passée, elle garde la tête haute et elle va de l’avant. Sans jamais baisser les bras. Et c’est bien ça que j’aime chez elle. Puis à côté de ça elle m’a eu jeune et malgré ça elle réussit à accomplir ses rêves tout en restant la meilleure maman !

Quant à moi, mon rêve le plus fou c’est de vivre de ma première passion : la danse. Faire des tournées, partager ce que j’aime avec différentes communautés et j’adorerai aussi faire le tour du monde…

Ma plus grande fierté ? Je dirais encore ma mère ! »

Pour suivre Stency sur les réseaux sociaux : @Stenncy238 ( Instagram) & Stency97caps ( Snapchat)

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Eva Marie Coll Seck, une spécialiste très spéciale

Son nom est écrit en lettres d’or dans les annales du ministère de la Santé du Sénégal. Un secteur qu’elle a dirigé pendant sept ans (entre 2001 et 2003 et de 2012 à 2017). Awa Marie Coll Seck a réussi à convaincre les Sénégalais par ses résultats et ses succès à la tête de ce ministère, notamment dans la gestion de la fièvre à virus Ebola, dont l’unique cas déclaré avait été neutralisé. 

19 June 2019 : 2019 EITI Global Conference OECD Headquarters, Paris Photo : © HervŽ Cortinat / OECD

Awa Marie Coll Seck est une spécialiste des maladies infectieuses et bactériologie-virologie, MD, PhD. Elle fut à la tête du département des maladies infectieuses à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar avant son départ à l’étranger pour une carrière internationale.  

A l’âge de 33 ans, elle est la première femme agrégée en médecine au Sénégal et l’une des pionnières en Afrique francophone.

Elle fut Directrice Exécutive du Partenariat Roll Back Malaria de 2004 à 2011 et Directrice du département des politiques, de la stratégie et de la recherche de l’ONUSIDA de 1996 à 2001. Au niveau international, Mme Seck est cooptée dans plusieurs organisations, associations ou cellules qui œuvrent dans le domaine de la santé. 

Après son accession à la magistrature suprême, le président Abdoulaye Wade fait appel à elle. En mai 2001, elle est nommée ministre de la Santé et de la Prévention. A ce poste, elle entreprend et réussit des réformes importantes, notamment celles portant sur la lutte contre le paludisme et le Sida, le programme élargi de vaccination, les maladies non transmissibles… Les résultats engrangés dans ces différentes missions sont sans doute à l’origine de sa collaboration avec le Président Macky Sall. Elu président, ce dernier lui confiera la charge du même ministère. Mais elle ne sera pas reconduite dans le second gouvernement dirigé par Mouhamed Boun Abdalah Dionne. Toutefois, elle reste dans l’entourage proche du chef de l’Etat en tant que ministre d’État auprès du président de la République.   

En avril 2019, elle est nommée Présidente du Comité National de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives. Actuellement, le Professeur Coll-Seck siège dans le Conseil d’administration du Partenariat Roll Back Malaria pour enrayer le Paludisme, au Conseil scientifique de l’Université Cheick Zaïd (Maroc). Elle est également membre du CA de la Clinton Health Access Initiative, du Jury du Prix ISA pour Services rendus à l’Humanité de Bahreïn, et du Jury du Prix Noguchi Afrique (Japon) 

Co-présidente de la Commission OMS/UNICEF pour le réalignement de la Santé de l’enfant avec les Objectifs de Développement Durable, Mme Awa Marie Coll Seck est également membre du Comité consultatif du programme de leadership ministériel de Harvard (Boston-US).

Au chapitre des distinctions, elle est « Chevalier de l’Ordre du Mérite » du Sénégal du Burkina Faso et de la Gambie, ainsi que de l’Ordre du Mérite et de la Légion d’Honneur en France. Elle a également reçu les Palmes académiques. Elle a été nommée « Meilleure Ministre du Monde » à Dubaï en février 2017 lors du Sommet Mondial des Gouvernements.

Mariée et mère de quatre enfants, cette passionnée de sport fut internationale basket-ball.  

Dotée d’une expertise et d’une compétence incontestables, elle est l’unique ministre qui a occupé le même portefeuille pour deux régimes : sous Wade et sous Macky Sall. Et ce n’est pas le moindre de ses mérites !

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La chicissime « Mamie Africa » a tiré sa dernière révérence

Le 24 décembre 2019 est un jour triste. « Mamie Africa » s’est éteinte à Paris après avoir lutté contre la maladie. Tout ceux qui l’ont connue, garde en mémoire la force de ses idées, sa maitrise de la langue de Molière et son amour passionnel pour les arts.

Chacun de nous a une histoire, voire des histoires belles, rieuses, curieuses et singulières à raconter, avec comme épicentre la grande royale Marie-Laure. Elégante comme une digne enfant de Saint-Louis, elle l’était assurément d’esprit et d’apparence. Jusqu’au bout, cette grande dame férue de culture et de savoir a illuminé de sa présence les expositions, les soirées, les rédactions et les salons en tout genre. J’aimais sa finesse d’esprit, sa curiosité. La jeunesse de son cœur et la force de ses engagements. Comme des centaines de personnes en France, au Sénégal ou ailleurs, je lui dois énormément. Je suis reconnaissante à la vie de m’avoir permis de devenir la nièce d’une si belle personne. Ses envolées lyriques, ses témoignages d’amour, ses douceurs, son amour de la vie et … ses rires éclatants résonnent encore.

Marie-Laure femme moderne s’il en est, aimait la tradition et la spiritualité de ses ancêtres d’Afrique. Sa personnalité riche, métissée et haute en couleurs faisait d’elle un être à part, unique en son genre. Tata Marie-Laure, tu étais notre mère à tous. Merci, merci, merci. Non seulement pour tout ce que tu as fait, mais aussi pour tout ce que tu étais. Que le tout puissant t’accueille pour la vie éternelle.

« Grande Dame franco–sénégalaise de la Culture et de l’Art, Mécène d’Art, collectionneur, Ambassadrice discrète, Chevalier des Arts et des Lettres, élevée dans l’Univers du grand poète et philosophe Monsieur Léopold Sedhar Senghor (Président du Sénégal et membre de l’Académie Française), Son grand-oncle.

Très affectueusement nommée le « griot de l’Art contemporain » Marie-Laure CROIZIERS de LACVIVIER marque par son esprit rapide et passionné, poétique et singulier ; personne ne reste insensible à son charme, presque chamanique …

Marie-Laure CROIZIERS de LACVIVIER a beaucoup contribué et contribue encore à promouvoir, soutenir, le monde de l’Art de Paris à Dakar et dans le Monde.
Tous les amis du Monde de l’Art, l’écoutent, la respectent dans sa philosophie complète et poétique.

Après une longue carrière à L’UNESCO de 28 ans, où elle a défendu et mis en œuvre non seulement l’Art africain, mais aussi l’extension de la culture africaine dans la francophonie, sans doute en regard de son mentor Léopold et de la vision économico-humaniste de Michel Rocard ; Marie-Laure avec son charisme y a conquis de nombreux ambassadeurs. Marie-Laure est un personnage incontournable de cette noble institution, elle est écoutée et respectée dans son combat, tant elle y met de l’énergie, les générations futures lui devront beaucoup.

Marie-Laure crée une association « FENETRE SUR … » (Loi 1901). Tout un symbole qui représente la célèbre porte de l’Ile de Gorée par laquelle les esclaves quittaient le continent et au travers de cette porte, l’Afrique a participé culturellement à ce Monde qui se transforme inexorablement.

La Fondation FENETRE SUR est dédiée à son fils, Jean Christophe HUBERT et à tous les enfants du monde handicapés ou non.

Elle met en œuvre la sortie d’une collection par le biais d’expositions itinérantes et par l’élaboration d’un livre – objet de référence de la collection – pour inciter à collectionner et favoriser des échanges et des débouchés potentiels pour les artistes.

Marie-Laure effectue l’ouverture d’un lieu devenant Maison des Artistes, agora où se retrouve le monde de l’Art.

Marie-Laure a également créé une banque d’Art : Avec la possibilité du Prêt des œuvres de la collection et l’achats d’œuvres nouvelles.

Mécène dans l’âme, elle organise des conférences et des expositions afin de consolider l’Art africain et mettre en lumière de nouveaux talents.

Pour votre longue carrière au sein de l’UNESCO, dont nous sommes reconnus comme ONG, votre sacerdoce à l’Art et la Culture d’un continent que l’on considérait comme sous-développé, la Ligue Universelle du Bien Public est honorée de vous remettre sa médaille d’OR*. » Source : Ligue Universelle du Bien Public, septembre 2018.

*Elle est également Chevalier des Arts et des lettres (arrêté du 17 juillet 2015)

 

Marie Laure Croisiers de Lacvivier dessinée par Marc Faivre

À ses côtés sur son canapé ou face à elle sur un pouf wax-décoré, il fallait savoir tenir cap dans l’échange, le partage…

Tenir cap de l’Intelligence, de l’Elégance, des réflexions métissées, de la géo-politique, de la “géo-artistique”…

L’Etendard des Arts affirmera toujours sa fluidité robuste face aux vents-mauvais, sa lucidité maîtrisée avec ceux tourbillonnants et si gais…

Merci Marie-Laure Croiziers, nous prenons les leçons et tentons le relais…

Marc Faivre.

 

 

 

Les obsèques de Marie-Laure Croiziers de Lacvivier auront lieu ce vendredi 3 janvier 2020 à 10h30, à l’église Notre-Dame de la Salette

Adresse : 33, rue de Cronstadt – 75015 Paris ou bien 27, rue de Dantzig 75015 Paris (il y a 2 entrées)
Métro : Convention, ligne 12
Bus : – 62, arrêt Place Charles Valins
– 95 arrêt Brancion Vouillé
et
– 89 arrêt Brancion Vouillé.
– Tram : T3A, arrêt Georges Brassens.
Un moment de recueillement collectif autour d’un verre de l’amitié est prévu après la messe.
L’accueil au crématorium du Père Lachaise est à 13h et sera réservé à la famille.
Adresse : 71, rue des Rondeaux – 75020 Paris

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