Auteur : David Roche

Quand l’héritage culturel devient passion…

Katia Bertrand, chef d’entreprise passionnée de décoration, d’Afrique et des Caraïbes, a créé “Ma couleur a ses merveilles”. Retrouvez cette artiste dans l’âme dans notre entretien décalé de la semaine.

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KCPK ou la Pop française haute définition

KCPK : entre influences électrices et créativité cinématographique

Nous avons eu le plaisir de découvrir en exclusivité le tout dernier EP de KCPK, et notamment « The End » dont vous pourrez apprécier le génie musical couplé au savoir-faire et à la créativité cinématographique.

L’éléctro française a fait son grand retour avec l’EP « Critics », sorti le 6 octobre, chez PIAS.
Aujourd’hui KCPK joue à merveille avec ses influences très éclectiques. Ils nous offrent un savoureux mélange bercé entre électro, hip hop et la new wave.

Pour KCPK, le début commence certainement par la fin. En effet, le titre « the end » est à coup sûr une réussite tant d’un point de vue de la performance musicale, son style très international, mais aussi sur la conception et la réalisation du clip.

Les références de notre coup de cœur musical

Le single « Critics » est un featuring avec AaRon, le duo préféré de John Malkovitch fort connu entre-autres pour la musique de film de « Je vais bien ne t’en fais pas ».

Le clip de « The end » que l’on peut qualifier d’électro dark-wave est réalisé avec génie par Loïc Andrieu, ancien opérateur de steadicam de Luc Besson. Nicolas Loir en est le directeur photo (aussi directeur photo de Woodkid, Ghostpoet, Snoop Dog…). Au travers de ce clip, ils manient l’art du storytelling cinématographique. La qualité et l’efficacité des effets couplés à cette ambiance digne des films néo vintage des années 90 est très appréciable.

L’ep se poursuit avec 3 remixes de « Critics » dont le premier est avec Get a room (label de Yuksek « partyfine records »). Ils ajoutent leur touche funk et disco. Le second de Shall Ocin est puissant, nourri de beats techno hyper profonds. Enfin, le troisième remix, aux notes Italo disco de FK club utilise le synthé à la mode de Giorgio Moroder.

Issu de la scène rémoise KCPK a travaillé avec Woodkid, the chemical brothers… Ils ont créé la fameuse soirée Panik qui a accueilli Laurent Garnier et Amon Tobin.

En 2016, ils réalisent le single « who wants it » avec le rappeur STS. La musique a été retenue pour la campagne publicitaire digitale de Black opium dYves st Laurent, réalisée par Louis de Caunes.

L’histoire de « The End »

Ce sont des fragments de vie d’une étudiante anxieuse, confrontée à une relation maternelle troublante, et une obsession amoureuse non réciproque. C’est une mélodie captivante soutenue par la voix de Cooper Rose, chanteur compositeur de folk Anglaise. C’est un voyage étrange dans les angoisses de l’adolescence, imprégné d’une tension sexuelle latente laquelle dépeint l’inévitable fin de la jeunesse et de la pureté.

« Critics » de KCPK est d’une rare créativité, fascinant, troublant, innovant. L’ep scelle définitivement le groupe KCPK comme une référence de la scène électro française à l’international.

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Sandra NKAKE : direction « Tangerine moon Wishes »

Interview réalisée par David Roche

Energétique, éclectique et envoûtante. 3 mots me viennent à l’esprit pour parler de Sandra Nkake.

J’ai souhaité recevoir Sandra dans un lieu chargé de belles signatures et de quelques photos mythiques. La raison est simple, Sandra Nkaké a un profil iconique pour son troisième album.

Une artiste inspirante et charismatique

Difficile pour elle de passer inaperçue, car elle respire la créativité. Son charisme et son élégance se conjuguent parfaitement avec un tempérament autant affirmé que respectueux et à l’écoute.

Sandra Nkake - Album «Tangerine moon wishes»
Sandra Nkake – Album «Tangerine moon wishes»

La tolérance se marie alors de pair avec son engagement et sa vision moderne de la société. Elle est une des ambassadrices du vivre ensemble. Ni blanche, ni noire, elle est avant tout une femme, dotée de créativité et d’imagination, elle s’élève bien au-delà des pensées primaires.

Ses mots et son attention pourraient être transposables à la maîtrise du Judoka, observant et maîtrisant son corps pour appréhender avec sérénité son environnement.

Un album construit et réfléchi qui ressemble à l’artiste plurielle

Pour rester soi, dans une société qui a tendance à pousser à la normalisation, il faut avoir une force de caractère indéniable. Cette volonté, cette motivation et son engagement se ressentent dans la conception de ce dernier opus, réalisé en toute autonomie, et avec un esprit d’équipe indéniable.

Le chaque et chacun représentant l’unité pour ne pas dire l’unisson. L’ensemble de l’album fait alors sens et corps avec Sandra et les artistes qui l’accompagnent.

 

La symbolique de la « lune rousse » est un titre fort. Il amène à différents sujets, parfois troublants et qui ne laissent pas insensibles. Il n’y a pas de norme dans la temporalité cependant il y a un a ordre, une gradation pour un album mûr, construit et réfléchi.

La flûte enchanteresse et envoûtante de JI DRÛ accompagne tout au long de cet album et invite l’auditeur à conjuguer le corps et l’esprit.

Voyage chamanique, introspectif et rougeoyant, en apesanteur totale, suspendu au souffle et aux mots de Sandra. TANGERINE MOON WISHES est un album concept, libre, des premières notes jusqu’à la poétique conclusion où Sandra s’imagine sur cette Lune Rousse, un ailleurs désiré, imaginé et enfin vécu.

Il est difficile de définir Sandra par de simples mots, puisqu’elle représente une kyrielle de couleur, d’images et d’idées.

Ingénue ? certainement ! Vertueuse ? assurément !

Sandra Nkake est de toute évidence une femme au pluriel.

 

 

TANGERINE MOON WISHES – Label PIAS – Enregistré au Studio MIDILIVE

Sandra Nkaké – vocals, glockenspiel on 1, 3, 7
Jî Drû – flutes, voice
Tatiana Paris – guitars, voice
Kenny Ruby – bass, voice
Thibaut Brandalise – drums

 

Credit photos Benjamin Colombel

 

 

Quelques dates à venir :

– 7 novembre: Théâtre de l’Archipel – Granville (50)
– 14 novembre: Café de la Danse – Paris (75)
– 17 novembre – Oberhausbergen – Le Préo (67)
– 18 novembre – Thouars – Conservatoire Tyndo (79)
– 26 janvier: Echonova – St Avé (56)
– 02 février : Saint Jean de la Ruelle – Salle de Spectacles (45)
– 06 février: Salle Nougaro – Toulouse (31)
– 12 avril: CC Jacques Tati – Amiens (80)
– 16 mai – Marne La Vallée – La Ferme du Buisson (77)
– 15 juin : Carre Magique – Lannion (22)

 

Clips déjà sortis

Sandra Nkaké – “Change”


Sandra Nkaké – “Dreaming” [Official A Cappella version]


Sandra Nkaké – “Fly” [Official Audio]

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En route pour la maternelle !

La rentrée scolaire approche à grands pas, et il ne reste plus que quelques jours et heures pour affronter la rentrée scolaire si vous avez des enfants. Pour certaines et certains qui ont des petits loups en bas-âge, presque prêts à quitter la crèche, il ne reste plus qu’un an avant de faire le grand saut vers la maternelle. Pour vous aider à mieux préparer cette étape importante et parfois stressante, Femmes Au Pluriel a rencontré Ema Gomis, une professionnelle diplômée, experte de la petite enfance depuis 17 ans et conseillère pour l’éducation des enfants au sein des familles.

Femmes au Pluriel : parlez-nous de votre parcours, et pour quelles raisons vous vous êtes orientée dans ce domaine de la petite enfance ?

Ema Gomis: Tout d’abord, avant de travailler dans ce domaine, j’ai exercé une activité de comptable, bien loin des préoccupations de l’enfant. Par vocation, j’ai décidé de reprendre le chemin de l’école et d’assurer une formation d’auxiliaire de puériculture. J’ai exercé pendant un an auprès d’enfants handicapés, puis j’ai rejoint la direction de la famille et de la petite enfance au sein de la Ville de Paris. J’y ai travaillé majoritairement en « fonction support » auprès de plusieurs crèches. J’ai exercé pendant 15 ans dans ce métier et désormais, j’officie dans les écoles maternelles et élémentaires en proposant une coordination afin de faciliter le passage parfois délicat entre la crèche et l’école.

FP : Quelle est votre organisation, votre modèle et votre vision de cette transition ? Vous parlez de passerelles.

EG: l’éducation nationale veille à mettre en place et conforter les passerelles aux différents niveaux de scolarisation, notamment lors de l’entrée en maternelle, en CP et en 6ème, afin d’accompagner les enfants et les familles et de prévenir les ruptures scolaires et éducatives.

L’entrée en maternelle nécessite la plus grande attention des professionnels. Des liens entre crèches et maternelles, avec des temps de visites de l’école, des temps partagés avant l’entrée en petite section, dans la classe et à l’accueil de loisirs, sont recherchés.

Ces liens renforcés, tissés entre les établissements d’accueil de la petite enfance, les écoles maternelles et les centres de loisirs, permettront de mieux accompagner le passage d’une structure à une autre, par une adaptation progressive des jeunes enfants.

FP : Quelle est votre perception du passage de la crèche à la maternelle ?

EG: Le passage entre la crèche et l’école peut être désorientant pour un enfant. Son environnement change complètement, ce ne sont plus les mêmes personnes qu’il voit au quotidien, plus les mêmes repères. Il se trouve confronté à une nouvelle organisation sociale des individus où le groupe n’a plus le même rôle ni le même fonctionnement qu’en crèche. Une rentrée toute en douceur, sans cri ni pleur, est le rêve de tous les parents et des professionnels. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place un partenariat en amont pour son entrée en maternelle en créant des liens, des échanges et des repères avec la crèche.

FP : Quelles sont les problématiques que vous pouvez constater entre les différents personnels et notamment entre le personnel d’animation et l’équipe enseignante ?

EG: L’accueil des jeunes enfants met en jeu deux processus qui sont la séparation et la socialisation. Il s’agit alors de réfléchir à une adaptation qui facilite la séparation et ne soit pas une rupture. Il faut rendre l’école lisible aux enfants mais aussi à leurs parents.

Il est intéressant de développer des dispositifs qui associent les compétences professionnelles des uns et des autres, dans le souci d’une meilleure transition de la crèche vers l’école.

FP : Quelle est votre vision et votre méthodologie ?

EG: Idéalement, il faudrait organiser des réunions entre professionnels afin de permettre aux deux parties (crèche et école), d’échanger leurs pratiques concernant l’approche du jeune enfant ainsi que leurs outils de travail.

Un référent d’animation pourra aller à la rencontre des enfants à la crèche en organisant des matinées (observation sur le temps d’accueil et de la séparation avec le parent) et des après-midi (observation sur le temps des activités). L’objectif de cette approche est de se présenter, créer les premiers liens affectifs, instaurer un climat de confiance et de référence.

Le référent met en place des rencontres entre les enfants de fin d’année de crèche et ceux de moyenne section de maternelle. Ce choix de groupe d’enfant est motivé pour découvrir et respecter l’autre, diversifier son champ relationnel, et créer ou renouer des liens affectifs en vue d’une rentrée future.

Idéalement, le référent d’animation et coordinateur doit organiser une visite de la maternelle avant les vacances d’été en compagnie des parents et des enfants. Cette visite permettra aux enfants de se projeter pour la rentrée scolaire.

FP : Comment voyez-vous l’espace et l’aménagement dédié à l’accueil des petites sections de maternelle ?

EG: Un bon accueil ne s’improvise pas et il faut professionnaliser de plus en plus l’équipe d’animation et l’aménagement de l’espace.

Tout d’abord, il faut connaître le développement psychomoteur de l’enfant de 2-4 ans car il passe par plusieurs étapes d’ordre psychomoteur, morpho-biologique et socio-affectif. Suivant les dominantes de ces étapes, le professionnel encadrant doit en tenir compte et varier son approche et sa pédagogie pour répondre aux besoins de l’enfant. Un « bon » professionnel est celui qui s’adapte à l’enfant et non l’inverse.

Quelques notions de bases sont importantes à retenir pour favoriser l’accueil et l’encadrement de l’enfant :

Ses besoins de 2 à 4 ans : sur le plan psychomoteur

Le domaine physique

La motricité est encore maladroite: la marche est acquise mais souvent encore mal assurée vers 28 mois; la course et le saut sont en cours d’acquisition.

La motricité fine n’est pas acquise même si l’enfant peut faire preuve de beaucoup de précisions pour certains gestes.

L’enfant ne sait pas s’habiller, se laver, se moucher…

L’enfant mange tout seul: il sait porter une cuillère à sa bouche sans la renverser, il sait utiliser une fourchette

Le domaine affectif

C’est un enfant fragile qui a un grand besoin de repères et de sécurité.

Avec l’adulte, il sollicite une relation privilégiée puis accepte de le partager. Il cherche à plaire puis peut s’affirmer indépendamment du regard de l’adulte.

Avec ses pairs, il les ignore voire les redoute au début. Vers 3 ans ½, il commence à construire des relations d’abord épisodiques puis durables.

Le domaine intellectuel

Beaucoup de changements importants dans cette période pendant laquelle l’enfant passe du « bébé» au «petit enfant».

De 2 à 3 ans :

Pas de repère spatio-temporel;

Ne se projette pas dans ce qu’il ne voit pas;

Comprend l’adulte qui parle simplement en articulant bien;

Combine 2 mots: «papa-pati».

De 3 à 4 ans:

Comprend des notions spatio-temporelles simples;

Comprend des ordres complexes;

Dit son prénom et se désigne par «moi» puis «je»;

Pose des questions;

Nomme spontanément ce qu’il voit.

Ses besoins de 2 à 4 ans : sur le plan harmonieux

Sur le plan physiologique, l’enfant a besoin:

*de repos et de sommeil, d’où la sieste qui devrait débuter peu de temps après le repas.

*d’une alimentation équilibrée.

*de temps pour jouer, le jeu constituant l’activité essentielle de l’enfant.

Sur le plan affectif, il a besoin :

*de sécurité et de sérénité et donc de trouver près de lui un adulte de référence, un personnel stable.

Sur le plan mental, l’adulte doit lui proposer :

*des échanges langagiers (parler avec lui et non devant lui, encourager ses premiers essais langagiers sans obsession corrective, jouer avec la musicalité de la langue).

*des nourritures pour l’imaginaire et l’exutoire: des histoires, des images, des comptines, des chansons.

FP : Selon vous, quels sont les ingrédients pour assurer une bonne intégration de l’enfant dans sa transition ?

EG: Un climat de confiance est indispensable à toute relation durable, car toute relation, même professionnelle, peut être source d’angoisse et d’inquiétude.

Il faut savoir que bien souvent, on accorde sa confiance à une personne sur une impression ou un sentiment. Pour ce premier contact, les parents ont besoin d’être dans une relation de confiance et celle-ci passe par le fait de se sentir écoutés, reconnus en tant qu’individus avec des attentes. Il faut donc prendre du temps pour donner à chacun le temps nécessaire pour apprendre à se connaître.

De plus, pour être en confiance, le parent doit se sentir en sécurité dans ce lieu et avoir l’assurance que son enfant s’y trouvera bien. Pour cela, il est recommandé d’aider les parents et l’enfant à prendre des repères et à se familiariser avec les lieux et le personnel.

Toutes les informations concernant le fonctionnement du lieu d’accueil sont alors essentielles pour rassurer.

FP : Comment concevez-vous l’aménagement d’un espace idéal pour l’enfant ?

EG: Accueillir de jeunes enfants dans un espace aménagé qui répond à leurs besoins ne va pas de soi. Les enfants ont des besoins et des modes d’apprentissage spécifiques. Il revient aux adultes, chargés de leur accueil, de pouvoir offrir à ces très jeunes enfants l’environnement nécessaire à leur bon développement ainsi que les conditions favorables à leurs premiers apprentissages.

Lorsqu’on réussit à conjuguer liberté de jouer et environnement propice à l’exploration et à la création, les enfants sont capables de mener des actions qui durent longtemps. La mise à disposition de matériels, suffisamment riches de possibilités exploratoires, génère de nombreux apprentissages. L’important est de leur offrir les conditions afin de mener au mieux cette aventure.

FP : L’enfant a-t-il besoin de sécurité affective pour se sentir en sécurité ?

EG: Les enfants doivent toujours avoir la possibilité de voir l’adulte de référence, quelle que soit sa place, dans l’espace de jeux. Ils ont besoin de ce contact visuel avec le professionnel encadrant pour être rassurés et pouvoir agir. Ils jouent dans les endroits «éclairés» et «sécurisés» par la présence de l’adulte. Dans le cas contraire, ils se déplacent, transportent les jouets, voire s’arrêtent de jouer.

Les espaces dans lesquels la vue des adultes n’est pas assurée sont très souvent moins investis, notamment par les plus fragiles.

FP : En conclusion, quels sont les conseils et attentions que vous pouvez donner à nos lectrices et lecteurs ?

EG: L’accueil du jeune enfant au cours de sa première année de maternelle, peut parfois déterminer son relationnel avec les autres enfants comme avec les professionnels encadrants durant toutes ses années de Maternelle, voire au-delà. Et pour cela, il est important que cet accueil soit réfléchi.

Ainsi, le fait de conjuguer les compétences professionnelles des uns (Personnel de Crèche) et des autres (Personnel de Maternelle) permet une meilleure transition de la crèche vers l’école dans l’intérêt de l’enfant.

Pour autant, connaître le développement psychomoteur de l’enfant de 2-4 ans, dans un premier temps, est important car l’enfant passe par plusieurs étapes d’ordre psychomoteur, morpho-biologique et socio-affectif. Et le professionnel encadrant doit en tenir compte afin de mettre en place une pédagogie pour répondre au mieux aux besoins de l’enfant.

L’aménagement de l’espace et les propositions de jouets sont des outils professionnels puissants. Ils régulent les activités et «l’ambiance» du jeu des enfants, en groupe ou individuellement. Observer les situations difficiles (en se mettant du point de vue des enfants), et en réfléchissant aux éventuels réajustements qui lui seront bénéfiques, permet toujours d’améliorer la situation quelle qu’elle soit.

Pour qu’une bonne intégration se fasse, il est primordial que les parents soient investis de manière pro-active et constructive avec les différents personnels encadrants, et ce afin d’assurer une transmission rassurante avec les différents professionnels, sans négliger les équipes d’animations, lesquelles sont amenées à se professionnaliser, de plus en plus.

Propos recueillis par David Roche auprès d’Ema Gomis

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La Révolution Numérique: accélérateur du Marché de l’Art?

Les différents rapports sur le marché de l’Art mettent un accent très fort sur le dynamisme du marché de l’Art, soutenu par l’ère du numérique. Si parfois, certains spécialistes et grands amateurs d’art le soulignent avec une part d’étonnement, d’autres confirment largement cette tendance.

Force est de constater que bon nombre de sites marchands ont éclos dans le monde, ouvrant les portes du possible de l’acquisition facile et rapide de créations contemporaines. Félicitons le modernisme et la dynamique parfois vorace de certains de ces sites qui créent progressivement une ubartisation.

Nous lisons ici et là, par exemple, en avant-propos du rapport HISCOX “Quels seront les grands vainqueurs des sites commercialisant de l’Art en ligne”.
En effet, la faim grandiloquente de certains sites souligne aussi un rapport monétisé et démesuré de l’univers artistique. Bien loin du génie et de l’univers créatif, ceux-ci montrent un signe alarmant de leur modèle d’industrialisation du marche de l’art.

La question selon moi repose sur le simple fait que l’Art et la création sont des biens précieux établis en théorie par des personnes qui n’ont pour seule volonté que d’exprimer leur talent, les joies et les peines d’une société, leur chemin idéal voire même leurs fantasmes et addictions.

De tout temps, la création a fait état d’un certain savoir-faire que d’autres n’ont pas. Tout le monde est en capacité de peindre, cependant, il est difficile de maîtriser son art et d’être en mesure de le faire évoluer en produisant de manière structurée, conjoncturelle et émotionnelle.

D’ailleurs, si nous posions la question suivante à de nombreux artistes: «Seriez-vous prêts à mourir si vous ne pouviez plus exercer votre Art?», je vous laisse apprécier la réponse éventuelle et le nombre bien moins représenté sur la scène internationale. Il y aurait alors beaucoup moins de sites marchands.

Ainsi, si l’on doit faire un focus sur la tendance du marché de l’Art, il me semble important d’apprécier ces quelques notions qu’il peut sembler utile de rappeler.

Nikki de Saint Phalle

Distinguons alors deux notions permettant de mieux quantifier la valeur d’une œuvre en dehors de certaines adjudications parfois dopées; La création, ouvrage structuré et réfléchi parfois très esthétique et pouvant être aisément reproduit à grande échelle ou à quelques différenciations près. Excluons la photographie et la sculpture, les arts visuels et numériques dont les codes sont assez réglementés.

L’Art conserve et conservera toujours ses lettres de noblesse, construit avec fougue, force, violence, rage, transcendance, obsession, délires, fantasmes, drogues, sexe, etc…

L’Art est, par nature, très personnel. C’est une essence dont seul le créateur est à même de connaître le code et que certains érudits tentent de décoder. L’Art est un outil de communication vibratoire qui permet à son créateur de faire passer des messages parfois très engagés et perçus par certains de ses admirateurs.

Pour revenir à la révolution numérique et au marché de l’Art, il n’y a nullement une opposition au développement du numérique, mais plutôt une mise en garde et une attention particulière à l’image mercantile qui risque d’annoncer un danger à l’image de l’excès de pouvoir qu’ont les institutions financières.

Ainsi, pour apporter une vision plus mesurée du rapport HISCOX ainsi qu’à celui d’Art Price, j’aurais tendance à penser qu’il n’y aura pas de grands vainqueurs, et surtout, il ne faut pas de grands vainqueurs pour continuer à faire vivre le marché de l’Art.

Adopter un modèle économique identique à l’industrie, c’est mettre en péril à terme sa propre rentabilité ainsi que sa longévité, et, in fine, tuer encore un peu plus ceux que nous admirons.

La mesure et la modération ont toujours été des gages de pérennité permettant de traverser les ères par vents et marées. Nous pouvons féliciter cette approche portée par les grandes maisons de ventes aux enchères qui évoluent avec leur temps sans tomber dans l’excès d’un effet de mode.

Lecture et analyse du marché de l’Art en ligne:

  • +24% au cours des 12 derniers mois malgré une diminution des ventes aux enchères en 2015.
  • 60 % de hausse pour les sites d’enchères exclusivement en ligne tandis que sotheby’s et christie’s sont à plus de 10% environ.
  • 92% des acheteurs pensent acheter autant ou davantage d’œuvres dans les 12 prochains mois et seulement 8% pensent en acheter moins.
  • Seulement 51 % des acheteurs sont désormais réticents à acheter en ligne en 2016 contre 61% en 2015. Cependant les acheteurs novices évoluent très peu car 43% en 2016 versus 41% en 2015.
  • Les grandes maisons de ventes aux enchères continuent de bénéficier d’une très bonne opinion et renforcent leur statut en s’adaptant au modèle numérique tout en préservant leur modèle traditionnel.
  • Une lente adaptation de galeries à l’ère du digital: Seules 28 % des galeries offrent la possibilité à leurs clients de payer en ligne via le “click and buy”. Par contre 41% d’entre-elles passent par des sites majorés pour effectuer ce type de transactions.
  • 39% des galeries n’ont pas mis en place de stratégie d’e-commerce et plus de 60 % n’ont pas créé de collaborations en marque blanche.
  • 3,27 milliards de dollars de ventes en ligne dans le monde en 2015 avec un “trend haussier” permettant d’imaginer un niveau de vente avoisinant les 10 milliards en 2020. Ces perspectives sont symétriques avec l’industrie du luxe en ligne.

Compte tenu de ces éléments chiffrés, il est tout de même difficile pour un professionnel du marché de l’Art de ne pas envisager de créer un partenariat avec une structure permettant de mieux diffuser et vendre les objets mis en vente selon un modèle.

Il est toutefois primordial de ne pas se noyer dans la masse industrielle de certains sites qui ont tendance à “ubériser” le marché de l’Art. Les ventes d’Art en ligne n’ont pas que des effets négatifs, puisqu’ils ouvrent les frontières du marché au profit d’investisseurs mondiaux alors que dans le modèle plus traditionnel, la proportion régionale était plus dominante. Cette vitrine internationale permet aux acteurs du marché de l’Art d’avoir un catalyseur important, évitant les risques systémiques liés à une conjoncture locale parfois plus morose.

Notons également que les entreprises à taille humaine dans le Monde ont à cœur d’améliorer leur image de marque et moderniser l’image de l’entreprise au travers de l’art contemporain, désormais plus accessible grâce aux sites en ligne d’une part, mais aussi à leur possibilité de financer leurs acquisitions grâce au leasing. Cette pratique, jusqu’alors beaucoup plus usitée dans les pays anglo-saxons, tend à se démocratiser petit à petit en Europe et notamment en France, pour des raisons fiscales.

La tendance se confirme grâce aux sites comme galeriebeauxarts.com qui propose des modèles de financements adaptés aux besoins des entreprises européennes, notamment en France, Belgique, Luxembourg et Suisse.

Les banques françaises, quant à elles, ont toujours une vision trop étriquée du marché de l’Art et n’ont pas encore parfaitement intégré l’idée que ce serait pour elles une possibilité d’améliorer leur produit net bancaire en fluidifiant ce type d’opérations d’une part, et d’autre part, en évitant de flirter avec des taux proches des taux d’usure.

Ce serait, pour elles, un moyen éventuel de capter une nouvelle source de clients, souvent esthètes et fortunés, en permettant à des structures comme galeriebeauxarts.com d’accompagner un plus grand nombre d’entreprises à ce type d’investissements et leur permettant de conjuguer image de marque et fiscalité.

Nouvelle population d’acquéreurs, nouveau modèle économique, Mais objectif similaire.

Quelques soient les achats, traditionnels ou en ligne, les acheteurs ont le même mode d’appréciation. L’esthétisme et le rapport émotionnel est prédominant avec 92% des acquéreurs représentés.

Ensuite, se pose la question du: «Combien vaudra mon œuvre demain?».
57% ont un profil d’investisseurs. 44% de la population d’investisseurs le font pour des raisons identitaires tandis que 39% le font pour des raisons sociales.

Enquête auprès des galeries:

  • En 2016, stagnation de la solution interne de l’e-commerce avec partenariat tiers.
  • 26% se sont rapprochées de sites plus industriels pour fluidifier leurs ventes tout en diminuant conséquemment leurs marges.
  • 15% ont construit leur propre site d’E-commerce contre 22 % en 2013.
  • 39% n’ont pas de stratégie de développement en ligne.
  • Pour les galeries ayant une activité d’e-commerce, 52 % d’entre elles ont une clientèle internationale. Le réseau national étant soutenu par l’investissement au travers des sociétés soucieuses d’améliorer leur image de marque par des achats qualitatifs.
  • 59% notent des clients réguliers en ligne avec leurs partenaires d’e-commerce spécialisés.
  • Les galeries en ligne passant par les sites industriels plafonnent pour plus de 80 % sur des niveaux de ventes inférieurs à 12 000 euros dont 58 % sur des niveaux inférieurs à 6000 euros et 41% entre 1000 et 6000 euros.
  • Les sites plus élitistes ayant des critères plus restrictifs dans leurs catalogues ont un panier moyen de 30 % supérieurs aux sites industriels. Les montants et la multi-vente y étant plus forte.
  • Les nouveaux clients acheteurs en ligne auprès des galeries représentent 60% de la population ayant 20 et 50 ans, presque 60 %sont des femmes.

L’Europe est largement représentée dans la typologie d’acquéreurs mondiaux puisqu’ils représentent à ce jour 60 % de la population. 25% sont sur le territoire américain, cependant le panier moyen est plus élevé sur ce même continent.

La donne change progressivement avec les investissements de plus en plus importants en Asie, Pacifique, Afrique du sud et l’Inde.

En conclusion :

Je constate que le marché de l’Art reste et demeure un terrain passionné et passionnant, représentant fidèlement l’évolution des peuples, des événements et de l’économie mondiale. En perpétuelle et constante évolution, le marché de l’Art est un acteur incontournable de l’économie mondiale, lequel permet parfois d’être un amortisseur économique mais aussi un accélérateur. Du classicisme au Street Art, le monde n’a eu de cesse de tourner avec cet indicateur socio-économique. L’Art est un outil moderne de communication, mais il est aussi un moyen de mise en garde sur les modèles économiques parfois trop audacieux et mettant en péril les fondements même de ce qui doit représenter une économie saine et raisonnée.

Crédit photos: Marc Falardeau – Torley – Art Poskanzer – Smabs Sputzer

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D.D. le petit doudou magique de Myriam Maxo

Myriam Maxo

Il était une fois, une jeune femme qui allait donner naissance à un petit doudou merveilleux qui allait égayer la vie des petits et des grands.

En effet, la maman de ce petit doudou a un esprit très créatif. Son parcours riche d’histoires lui a permis de se nourrir et de cultiver plein d’idées. Sensible à la vie, à la tolérance, aux différences, au handicap, elle a su préserver ses rêves au fil du temps. Myriam avait de nombreuses expériences, tant dans le décor de plateaux pour des courts et longs métrages, que dans le design, la décoration d’intérieur. L’art et la culture sont autant d’éléments qui l’ont enrichi.

Et puis, il y a les racines créoles de Myriam mélangées à la culture asiatique, anglo-saxonne, africaine aussi, sans oublier évidemment son attachement à la culture française. Myriam est donc une jeune femme sensible, cosmopolite et éclectique.

Un jour, cette jeune designer, à la suite d’une relation douloureuse et compliquée, s’est retrouvée seule, abandonnée par ses pairs. Evidemment, comme tout être qui traverse des moments parfois pénibles, elle avait besoin de se réfugier, de retrouver du rêve, de l’espoir, de la vie. Myriam n’est pas de ceux qui se laissent aller, bien au contraire. C’est une battante, une femme dynamique, radieuse, enjouée et créative, un soleil qui ne peut que rayonner et faire briller les rêves qu’elle a toujours su garder au fond d’elle.

Et puis, la lumière lui est apparue, une forme, des couleurs, des matières, des pièces de tissus, etc, etc…

Petit à petit, le visage de D.D. apparaissait, je dirais plutôt, réapparaissait puisque ce D.D., elle l’avait déjà imaginé dans ses rêves d’enfance. Mais comme tous les grands, souvent, avec le temps, on oublie. Mais là, impossible, D.D. revenait chaque jour, dans ses pensées. Tantôt petit, tantôt grand, parfois chatoyant ou plus classique, avec des dominantes jaunes, vertes ou bleues.

Myriam s’endormait, rêvait et à chaque fois qu’elle rêvait, D.D. apparaissait. Il était en basin, en jean, en lin… bref, il revenait toujours avec des styles différents, des matières différentes mais une forme unique.

D.D. était donc un petit personnage unique et bien réel qui veillait secrètement sur Myriam.

Myriam, quant à elle, espiègle et créative, avait besoin de D.D. pour l’accompagner, jour et nuit. Elle ne pouvait se contenter de ne le retrouver que dans ses rêves. Les pièces de tissus, les formes, les couleurs et les matières, c’est sympa mais il fallait le toucher, le câliner, l’avoir à ses côtés. Elle voulait sentir sa chaleur, son parfum, ses formes, sentir battre son coeur. Myriam voulait que D.D. aille avec elle au cinéma, aux concerts,  chez ses amis ou bien encore regarde la télé avec elle, dans son salon. Il lui fallait donc, enfin, une fois pour toutes, donner naissance à D.D.

Avec une volonté sans faille, avec acharnement, force et vigueur, Myriam s’attela à la tâche. Elle réunit les matières, dessina les croquis, le patron, sélectionna des matières nobles, confectionna des pièces, etc… Pour enfin donner naissance à D.D. en 2011.

C’est après de nombreuses semaines de travail, sans relâche, que naquit D.D. le petit doudou magique de Myriam Maxo. Fière de l’avoir conçu, elle partagea avec lui de merveilleuses émotions. Chacun apportait de la tendresse à l’autre, de l’écoute, ils se confiaient des secrets, se racontaient des histoires rigolotes et parfois tristes aussi.

D.D. était devenu son enfant, son ami, son confident. Au fil du temps, elle comprit pourquoi elle le voyait sans yeux et avec une poche secrètement cachée… Il était capable de tout entendre sans jamais rien dévoiler aux autres et il avait sa petite poche secrète pour y cacher des trésors… Du mot doux à la bague de fiançailles, en passant par plein de petits messages subtils… Mais chut!

Myriam, heureuse et comblée par ce petit être cher, regardait la vie et les gens autour d’elle et elle se disait que beaucoup de grands mériteraient de retrouver un peu de bonheur, de sincérité et de candeur. Si chacun avait un petit D.D. avec soi, le monde serait plus paisible, plus joyeux, plus doux et plus enfantin.

C’est alors que D.D. murmura à l’oreille de Myriam qu’il voudrait, lui aussi, plein de petits frères et soeurs dans le monde pour transmettre du bonheur, de la vie et de l’espoir aux petits et surtout aux grands.

Depuis cette confession que D.D. lui dévoila, Myriam exécuta les souhaits de D.D. pour que chacun d’entre nous, puissions nous retrouver, avec notre D.D. à nous…

Crédit photos: Charles Photography  
Pour en découvrir sur Myriam Maxo et son univers magique, allez visiter son site:

Allez, à votre tour… Parlez-nous de votre doudou et de la place qu’il occupait, dans votre vie d’enfant… ou d’adulte!… C’est, plus bas dans les commentaires… 

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